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La bêtise d'une élection hâtive

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J’aurais aimé être une mouche sur le mur pour regarder Justin Trudeau en train de répéter devant son miroir pour le lancement de la campagne dimanche. Son explication (émotive sans doute) consistera à dire que ce n’est pas pour lui-même qu’il plonge les Canadiens dans une élection générale en pleine quatrième vague de la pandémie. Non, il fait ça pour nous ! 

GOUVERNEMENTS MINORITAIRES EN SÉRIE

Il va falloir commencer à s’y habituer. Quatre des six dernières élections fédérales ont élu des gouvernements minoritaires. À moins qu’on veuille devenir comme l’Italie dans l’après-guerre, où les gouvernements changeaient tous les quelques mois, le Canada et les Canadiens doivent s’ajuster. 

C’est ça qui est tellement frustrant avec l’attitude « tout m’est dû » de monsieur Trudeau. Il sent que les conservateurs sont faibles et donc il va essayer d’aller chercher sa majorité. 

Les gouvernements provinciaux qui se font promettre des cadeaux à n’en plus finir se doutent bien que les vannes vont se fermer si la bonne vieille arrogance d’un gouvernement majoritaire libéral revient au galop. La plupart ne souhaitent surtout pas une majorité.   

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TANT PIS POUR LES GÉNÉRATIONS FUTURES

Les gens pour qui l’environnement est un dossier prioritaire vont bien avoir remarqué l’astuce de remettre au printemps l’augmentation du taux de pesticide glyphosate dans nos assiettes. Personne n’est dupe. Trudeau n’a pas dit qu’il n’en est pas question. Il dit juste qu’il ne veut pas en entendre parler pendant sa campagne électorale. Ce sont les Canadiens qui risquent de lui en parler. 

Ma préférée, toutes catégories confondues, est la ligne hilarante pratiquée par Trudeau et son infortuné ministre de l’Environnement Wilkinson depuis quelques jours : « Oui, on a acheté un pipeline pour exporter encore plus de pétrole des sables bitumineux, mais c’est pour avoir l’argent pour lutter contre les changements climatiques » !!! 

Ça, c’est vraiment prendre le monde pour des caves. Trudeau n’a pas arrêté d’annoncer de nouvelles cibles ambitieuses pour diminuer les gaz à effet de serre. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas cessé d’augmenter depuis qu’il est là. C’est le résultat qui compte, pas le nombre d’annonces. Entre-temps, il continue de subventionner les secteurs pétrolier et gazier à hauteur de milliards de dollars par année. 

OPPOSITION PRÊTE À COLLABORER

O’Toole, Singh et Blanchet, à tour de rôle depuis une semaine, s’affairent à mettre un cercle autour de la tâche. O’Toole attaquant Trudeau en disant que l’élection annoncée est un projet pour sa vanité personnelle. Singh offrant ouvertement de soutenir le gouvernement, enlevant toute crédibilité à l’argument de Trudeau qui dit que le Parlement est devenu ingouvernable. 

Trudeau sera obligé d’aborder ce problème dimanche. Et il le fera avec son ton sotto voce d’opéra à savon à l’appui. Il nous expliquera son immense peine de n’avoir d’autre choix que de déclencher une élection, mais que c’est pour notre bien.

Robert Bourassa, David Peterson de l’Ontario et Pauline Marois ont tous les trois appris que les gouvernements qui déclenchent une élection tôt sans excuse valable paient parfois un lourd prix. Trudeau risque de s’en souvenir. 

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