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Élections fédérales: des chefs qui devront se démarquer

Ils auront à convaincre les électeurs qu’ils sont les mieux placés pour diriger le pays après la crise de la COVID-19

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Pour la première campagne électorale en temps de pandémie de l’ère moderne, les chefs de parti devront faire preuve d’originalité afin de se démarquer aux yeux des électeurs. Chacun, avec ses forces et ses faiblesses, tentera de convaincre qu’il ou elle est le mieux placé pour diriger le pays après la crise historique de la COVID-19, qui a secoué le monde comme peu de choses l’ont fait avant. Voici un bref survol des visages qui nous accompagneront au cours des prochaines semaines. 

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Justin Trudeau        

Photo AFP

Il joue son avenir politique

Pour sa troisième campagne électorale à titre de chef du Parti libéral, Justin Trudeau s’est donné le défi de retrouver la majorité qu’il a perdue aux élections de 2019. Si les sondages à la ligne de départ le donnent gagnant, sa cote de popularité personnelle est en perte de vitesse depuis les derniers mois. Il reste à voir si les généreux programmes d’aide d’urgence en pandémie l’aideront à décrocher la majorité dont il rêve. 

« La première des choses, pour Trudeau, ce sera de justifier cette élection dont personne ne veut, et s’assurer que tout se déroule dans les règles de l’art », croit Stéphanie Chouinard, professeure agrégée au Collège militaire royal du Canada. Si sa campagne est associée à une flambée de cas de COVID-19, « ça pourrait se tourner contre lui ». 

« Il mise gros, et joue même son avenir politique », selon Eric Montigny, politologue à l’Université Laval. « Il part dans la position de favori, mais il mise sur sa capacité d’aller chercher un mandat majoritaire. S’il ne le réalise pas, il va se trouver dans une position délicate au sein de son propre parti [...] car ce sera un aveu d’échec et il pourrait être rapidement contesté. »

Erin O’Toole        

Photo Agence QMI, Joel Lemay

Erin qui ?

Pour le Parti conservateur, il s’agira de la première campagne électorale avec Erin O’Toole en tête d’affiche. Le principal obstacle de cet avocat de formation et ancien officier de l’Aviation royale est son manque de notoriété publique, lui qui fut élu chef il y a tout près d’un an. Erin O’Toole sera mis à l’épreuve pour sa maîtrise du français, dans une campagne où le Québec se trouvera au centre des batailles.  

S’il doit tâcher de se faire connaître à l’extérieur du parti, des défis l’attendent aussi à l’interne, explique Frédéric Boily, professeur en science politique à l’Université de l’Alberta. « La question pour lui est de savoir quel type de conservatisme il veut incarner. Pour le moment, c’est un peu flou. » 

« Il faut dire qu’il ne l’a pas eue facile, dit Stéphanie Chouinard. Il est devenu chef des conservateurs à un moment où tout l’oxygène médiatique était pris par le gouvernement. »  

Jagmeet Singh        

Photo AFP

Dans l’ombre du bon Jack

Jagmeet Singh s’est révélé comme étant un campaigner énergique en 2019. Mais pour le parti de gauche, la question est de savoir s’il sera possible de transformer son capital de confiance en appui concret. 

Or, la cote de popularité de Jagmeet Singh n’est pas la même au Québec et dans le reste du pays. « Au Québec, il est encore dans l’ombre de Jack Layton », analyse Eric Montigny. Ce dernier semblait « plus ouvert au nationalisme québécois ».

Plusieurs circonscriptions du sud de l’Ontario et en zones urbaines pourraient revenir au NPD si le chef joue bien ses cartes.

Yves-François Blanchet        

Photo d'archives

Des attentes plus élevées

Yves-François Blanchet a été le capitaine qui, en 2019, a sauvé le Bloc québécois de la dérive. À l’époque, Blanchet s’était appuyé sur l’élan nationaliste qui soufflait sur le Québec depuis l’élection de la CAQ. 

« Dans un sens, M. Blanchet a la chance cette année de ne pas présenter un parti qui est au seuil de la pierre tombale », dit Stéphanie Chouinard, selon qui « en 2021, le Bloc québécois n’est plus en difficulté ». Mais celui-ci devra convaincre les électeurs qu’« il y a bel et bien une valeur ajoutée à voter pour le Bloc plutôt que de voter pour les libéraux et d’avoir la chance d’avoir un ministre dans sa circonscription ». 

Puisqu’il en est à sa deuxième campagne, Eric Montigny pense que « les attentes sont plus élevées » pour le chef bloquiste. 

Annamie Paul       

Photo courtoisie, Parti vert

Les ennemis d’Annamie

La nouvelle cheffe des verts a été élue sous un tonnerre d’applaudissements lorsqu’elle a causé la surprise en se faisant élire chef du Parti vert en octobre. Première femme noire de confession juive à diriger un parti fédéral, Annamie Paul, avocate polyglotte et surdiplômée, avait tout pour faire sensation sur la scène politique fédérale. Mais depuis plusieurs mois, son parti est aux prises avec une guerre interne qu’il lui faudra régler au plus vite, avant même de penser à se faire élire Paul dans Toronto-Centre.

Maxime Bernier     

Photo Agence QMI, Marc Desrosiers

Un dernier tour de piste ?

Les défis qui attendent Maxime Bernier sont considérables, lui qui a raté sa première chance de se faire élire à titre de député sous la bannière de son nouveau Parti populaire du Canada en 2019. Depuis le début de la pandémie, progressivement, l’ancien ministre conservateur a multiplié les sorties contre les mesures sanitaires, et surtout contre le confinement. « Mad Max » entamera la campagne électorale comme le seul chef n’ayant pas reçu de vaccin contre la COVID-19.

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