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Élections: Trudeau devra justifier sa décision

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Justin Trudeau a donc décidé que nous irons voter le 20 septembre.

Après la pluie de milliards déversée aux quatre coins du Canada ces derniers jours, en doutiez-vous encore ?

Quand un premier ministre déclenche des élections deux ans avant la fin normale de son mandat, il doit le justifier.

Il doit répondre de façon convaincante à cette question : « Monsieur le premier ministre, pourquoi les Canadiens ont-ils besoin d’aller aux urnes maintenant ? »

Voyons voir...

Serait-ce parce que son statut minoritaire lui attache les mains ?

Allons donc, il n’y a pas une seule position dégradante que le NPD, valet fidèle, n’accepte pas de prendre pour faire plaisir au PLC et préserver ce qui lui reste.

Il ne lui manque que le poteau pour tourner autour.

Depuis les années Harper, les Canadiens se sont habitués aux gouvernements minoritaires. 

Si la gouvernance a été mauvaise, ce n’est certainement pas en raison du statut minoritaire du premier parti.

Serait-ce alors qu’un déclenchement répondrait à un appétit populaire profond pour des élections ?

Cela arrive parfois, rarement, mais pas cette fois. Connaissez-vous quelqu’un dans votre entourage qui brûle d’envie de se taper une campagne électorale ?

Alors pourquoi une élection maintenant ? Tout simplement parce que les sondages laissent entrevoir une victoire libérale majoritaire.

Ne cherchez pas plus loin.

La philosophie « justinienne » tient en une formule « einsteinienne » : opportunisme + image + dépenses = succès. 

Peu lui importe de tenir des rassemblements publics au moment où la 4e vague prend de la vigueur, comme le montre la montée des hospitalisations chez les non-vaccinés.

Peu lui importe que ces élections coûteront 612 millions $, 100 millions $ de plus que les dernières, ce qui en fait les plus chères de l’histoire canadienne.

Pour Justin Trudeau, qui vient de nous faire cadeau d’un déficit record de 354 milliards $ pour l’année 2020-2021, la marge de crédit est illimitée puisque c’est la vôtre, pas la sienne.

Oui, si vous êtes un stratège libéral, autrement dit, si vous habitez au dernier étage du cynisme, l’alignement des astres permet d’entrevoir cette victoire majoritaire tant désirée.

Attention, tout de même...

Comme je l’ai dit plus haut, Trudeau nous doit une justification convaincante du besoin d’élections.

S’il ne la fournit pas, un électorat susceptible, frustré, irrité par la dernière année, pourrait vouloir lui faire payer le prix.

Quand un party est plate, on blâme l’hôte et le DJ.

Surprises ?

Jadis, les résultats finaux dans l’urne ressemblaient très souvent aux intentions de vote au moment du déclenchement : la campagne électorale ne changeait presque rien.

Les temps ont changé.

Les campagnes sont devenues des boîtes à surprise parce que les électeurs « magasinent » leur choix infiniment plus que jadis.

En 2015, Trudeau était parti au 3e rang. En 2011, la prestation inattendue de Jack Layton à TLMEP eut l’effet que l’on sait.

Que connaît-on d’Erin O’Toole ? Presque rien. Il peut donc surprendre... en bien ou en mal.

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