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L’amour au bout du clavier?

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Les sites de rencontres et autres applications destinées à trouver l’âme sœur existaient bien avant le début de la pandémie. Ce sont des moyens parmi d’autres permettant de tisser des liens sentimentaux, tout cela du bout des doigts, et dans le confort de notre demeure... parfois pour le meilleur, mais aussi pour le pire !

L’arrivée fracassante de la COVID-19 et les mesures de confinement ont bousculé nos vies, et ce, même jusqu’à notre manière de rencontrer et de séduire. Comme les lieux de socialisation étaient fermés, des bars aux salles d’entraînement en passant par les restaurants, et que chacun était enfermé chez soi, la fréquentation de ces plateformes virtuelles a littéralement explosé. C’était encore plus vrai alors que la solitude pesait davantage en ces temps à la fois angoissants et imprévisibles, les rapports humains si précieux étant très limités. Cette situation inédite a peut-être même forcé certaines personnes plus réfractaires à tenter pour la première fois ces technologies. Et comme nous avions tout à coup plus de temps, plusieurs en ont aussi passé davantage sur ces lieux de rencontres 2.0. 

Des plaisirs et imprévus du virtuel 

Chaque moyen de rencontrer l’âme sœur possède ses avantages et ses inconvénients, et les plateformes de rencontres en ligne ne font pas exception. Les conversations écrites qu’on y retrouve peuvent être soit particulièrement brèves, ou encore très nourries. Si certains souhaitaient le retour des grands échanges épistolaires, de ces lettres d’amour très longues où l’on décrivait à travers les époques toute la complexité de nos sentiments dans le fin détail, d’autres constatent plutôt le vocabulaire pour le moins expéditif de leur correspondant virtuel ! 

Ce que l’on y écrit peut également révéler tant notre intérêt pour l’autre que certains pans de notre personnalité. Ces mots peuvent aussi en dire long sur notre capacité d’exprimer nos sentiments, notre sensibilité, la curiosité que l’on manifeste – ou pas – devant les propos de notre interlocuteur. 

Ces plateformes permettent aussi d’établir une distance et une plus grande frontière entre soi et l’autre : la personne qui nous intéresse est nécessairement mise à distance, elle ne peut entrer dans notre environnement ni dans notre intimité. Et elle peut également en sortir aussi vite si l’on décide de mettre fin aux échanges, toujours à un clic du bouton d’éjection.  

Cette même distance permet aussi le maintien de zones d’ombre, ce qui peut favoriser la méconnaissance de l’autre et le maintien de certains fantasmes ayant pris forme dans le virtuel. La personne est présente, mais pas physiquement ni dans sa totalité. Un fantasme, c’est justement une représen-tation imaginaire qui échappe à la réalité, une vision qui se forme à partir de nos désirs. 

Le test du réel 

Lorsque l’on devient épris de quelqu’un au départ avec qui on a échangé en ligne, ce n’est pas tant par la personne que l’on est séduit, mais plutôt par la représentation que l’on s’en fait dans notre tête. Et cette image idéalisée peut parfois être longuement étirée avant de passer le test du réel. C’est à ce moment que l’on peut voir si la relation est réellement viable malgré les déceptions tantôt mineures tantôt majeures, mais qui seront forcément incontournables. 

Comme les médias sociaux, les lieux de rencontres en ligne contiennent après tout quelques règles implicites : étalons nos réussites, taisons nos échecs, montrons notre plus beau « profil ». Or, tout ceci ne reflète pas la vie de tous les jours, sans compter que nous sommes rarement au sommet de notre forme du matin au soir. Ainsi, rester complètement dans le monde virtuel comporte certains risques, puisqu’une grande part de la réalité nous échappe, laissant place à un idéal plus grand que nature qui sera bousculé par la réalité.  

Séparer le bon grain de l’ivraie

Espace de discussion et de flirt dans un contexte sécuritaire, les rencontres amoureuses 2.0 sont là pour de bon, et nous permettent d’avoir accès à un éventail de personnes potentiellement intéressées qu’on ne croiserait peut-être jamais autrement au cours de notre vie. Il faut donc utiliser cet outil à bon escient tout en demeurant conscient des limites du virtuel afin de pouvoir en tirer le meilleur !