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«C’est à vous de vous exprimer», lance Trudeau aux Canadiens

Le premier ministre a formellement lancé des élections anticipées dimanche

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Justin Trudeau a officiellement coupé court à son mandat minoritaire et lancé des élections anticipées dimanche. Posté devant Rideau Hall, alors que les autres chefs ont dénoncé la tenue d’un scrutin en pandémie, il a lancé aux Canadiens que c’était plutôt à eux «de s’exprimer». 

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«Que ce soit pour continuer nos efforts de vaccination ou pour le soutien offert aux gens jusqu’à la fin de cette crise, tous les Canadiens doivent choisir comment on va terminer notre lutte contre la COVID-19, et comment on va rebâtir en mieux [...]. On a été là pour vous, et maintenant, c’est à vous de choisir. C’est à vous de vous exprimer», a lancé M. Trudeau.

Rapidement, Justin Trudeau a eu à défendre son intention de se lancer en élections. 

Face aux membres de la tribune de presse, il a répété à plusieurs reprises qu’il était «important de donner aux Canadiens la chance de s’exprimer».

Justin Trudeau, son épouse Sophie Grégoire et leurs enfants Xavier, Ella-Grace et Hadrien sont montés à bord de l’autobus de campagne du Parti libéral du Canada, dimanche, à Ottawa, alors que le premier ministre a déclenché des élections deux ans avant la fin de son mandat.
Photo AFP
Justin Trudeau, son épouse Sophie Grégoire et leurs enfants Xavier, Ella-Grace et Hadrien sont montés à bord de l’autobus de campagne du Parti libéral du Canada, dimanche, à Ottawa, alors que le premier ministre a déclenché des élections deux ans avant la fin de son mandat.

Le discours inaugural du premier ministre, largement prononcé en anglais, a été dominé par la question de la vaccination. Les chefs des partis d’opposition ont unanimement dénoncé la tenue d’un scrutin dans un tel contexte, mais se sont lancés dans le ring avec un air d’enthousiasme.

Rappelons qu’en mai dernier, M. Trudeau avait affirmé en conférence de presse que «personne ne veut d’élections avant la fin de cette pandémie». Le PM n’a pas caché son ambition d’aller chercher une majorité. 

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Photo AFP

Pour Geneviève Tellier, professeure à l’Université d’Ottawa, Justin Trudeau a livré un bon discours, «plus solide que ce qu’on avait entendu par le passé», «même s’il n’a présenté aucune nouvelle idée».

«Tout ce qu’il disait était bien songé à mon avis, très efficace. Plus de thèmes ont été abordés, mais surtout, je trouve qu’il a repris le contrôle du message au sujet de la vaccination obligatoire», juge-t-elle.

Sujet chaud

Vendredi, le Parti conservateur s’affichait pour le libre choix sur la question du vaccin. Mais une fois l’élection déclenchée dimanche, le chef ne s’est pas étendu sur le sujet.

«On peut très bien dire qu’on est contre la vaccination obligatoire et fournir des raisons, mais en ne donnant aucune raison, [Erin O’Toole] a juste alimenté davantage les interrogations. C’est un peu un piège, comme l’avortement l’avait été pour Andrew Scheer», analyse Mme Tellier.

Or, elle croit que M. O’Toole pourrait marquer des points s’il continue de mettre les autres partis dans le même panier: celui des leaders qui dépensent à outrance l’argent des Canadiens.

Majoritairement en anglais

Sur la base du nombre de mots utilisés, Justin Trudeau a parlé presque quatre fois plus longtemps en anglais qu’en français.

La langue de choix du premier ministre n’était pas banale, et plutôt révélatrice d’une possible stratégie à venir chez les libéraux, selon Geneviève Tellier.

«Est-ce que les libéraux ont déjà fait une croix sur le Québec parce que ça va bien pour le Bloc et que les autres partis pensent qu’il sera difficile d’aller chercher des comptés bloquistes?»

Des élections non voulues

Les chefs des partis d’opposition ont inauguré leur campagne en tapant sur le même clou. Pour Yves-François Blanchet, la décision de lancer des élections alors qu’une quatrième vague de COVID-19 se profile à l’horizon s’explique par l’«ambition personnelle» de Justin Trudeau.

Pour Jagmeet Singh, il s’agira d’une «élection d’été égoïste», alors qu’Erin O’Toole a dénoncé cette élection comme un «jeu politique».

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