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Élections fédérales en vue: Ottawa disperse les cadeaux

Le gouvernement Trudeau multiplie les annonces aux quatre coins du pays

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Les premiers ministres François Legault et Justin Trudeau venus annoncer leur appui lors de l’annonce de la construction de l’usine d’assemblage de bloc-batteries de la Compagnie Électrique Lion de Saint-Jérôme, dans les Laurentides, en mars dernier.

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Le gouvernement Trudeau ne se prive pas de son privilège de pouvoir multiplier les annonces coûteuses, alors qu’il s’apprête à déclencher une campagne électorale que personne n’a réclamée.

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Depuis le 1er juillet, Ottawa a publié pas moins de 865 communiqués pour faire toutes sortes d’annonces – principalement des investissements dont la valeur varie d’à peine quelques milliers à plusieurs milliards de dollars.

C’est 162 % plus de communiqués que pendant la même période l’an dernier, et 13 % de plus qu’en 2019.

« C’est effectivement d’une ampleur sans précédent », affirme Éric Montigny, professeur de science politique à l’Université Laval. « C’est orchestré de façon à saupoudrer les annonces un peu partout au Canada », ajoute-t-il.

De bonne guerre

Les libéraux avaient annoncé leurs couleurs lors du budget déposé en avril, qui prévoyait pas moins de 100 milliards $ en nouvelles dépenses.

« On a attendu quelques mois pour faire des annonces plus spécifiques, note Daniel Béland, directeur de l’Institut d’études canadiennes de McGill. C’est de bonne guerre et ce n’est pas nécessairement un problème. »

Surendettement

Renaud Brossard, directeur pour le Québec de la Fédération canadienne des contribuables, qualifie plutôt l’avalanche de dépenses d’« absolument irresponsable dans un contexte où on a déjà au-delà de 1000 milliards $ de dettes ».

« Il y a le vieil adage qui veut que les politiciens veuillent acheter notre vote avec notre propre argent. Mais présentement, ils sont plutôt en train d’acheter notre vote avec l’argent de nos enfants et de nos petits-enfants », dénonce-t-il.

Fait inusité, Ottawa s’est aussi permis d’envoyer des chèques directement à certains Canadiens en cet été électoral.

Porté au pouvoir en 2015 sans s’engager à rétablir l’équilibre budgétaire, Justin Trudeau a encore plus délié les cordons de la bourse pour faire face à la pandémie qui sévit depuis un an et demi.

Les électeurs se soucient moins qu’il y a 25 ans de l’endettement des gouvernements, qui atteint également des sommets aux États-Unis, souligne M. Béland.

Brèche pour l’opposition ?

Mais avec l’inflation et les hausses de taux d’intérêt qui guettent, la situation pourrait changer rapidement.

« Au Québec, à tout le moins, la question des finances publiques est une préoccupation importante chez les électeurs. Est-ce que les partis d’opposition vont être capables d’amener cet enjeu-là à l’avant-plan ? Est-ce que ça va avoir une résonnance chez les électeurs ? Il y a clairement un espace au centre du spectre politique fédéral pour la responsabilité fiscale », soutient Éric Montigny.

« Le coût de tout le soutien additionnel que nous apportons aux Canadiens et aux entreprises sera inclus de façon transparente dans le prochain énoncé économique du gouvernement. Le Canada avait le ratio de la dette nette au PIB le plus bas du G7 quand la crise mondiale a frappé et nous maintenons cette position aujourd’hui », rétorque Katherine Cuplinskas, porte-parole de la ministre des Finances, Chrystia Freeland. 

Des milliards et encore des milliards...  

11 milliards $  

  • Ententes avec sept provinces et territoires, dont le Québec, pour le financement de services de garde abordables   

7,9 milliards $  

  • Entente avec plusieurs peuples autochtones sur l’eau potable   

5,2 milliards $  

  • Entente pour renflouer le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador à la suite des dépassements de coûts du projet hydroélectrique Muskrat Falls   

1,5 milliard $  

  • Aide pour la construction d’une nouvelle ligne pour le train léger de Calgary   

1,4 milliard $  

  • Investissement dans le projet de constellation de satellites Lightspeed de l’entreprise ontarienne Télésat   

1,3 milliard $  

  • Aide pour la prolongation du SkyTrain dans la région de Vancouver   

440 millions $  

  • Soutien au secteur aéronautique au Québec (CAE, Pratt & Whitney, Bell Textron)