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La pandémie comme porte de sortie pour les promesses non tenues

Eric Montigny
Photo courtoisie, Université Laval Eric Montigny. Professeur à l’Université Laval

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La pandémie a bousillé les plans législatifs du gouvernement Trudeau. Dans ce contexte, comment dresser un bilan des accomplissements des libéraux depuis les dernières élections ?

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« J’ai l’impression que la COVID-19 va être la porte de sortie du gouvernement lorsqu’on fera le bilan des promesses de 2019 et qui, en date d’aujourd’hui, demeurent non remplies. C’est leur carte “Sortez de prison”, comme au Monopoly », analyse la professeure agrégée de science politique au Collège militaire royal Stéphanie Chouinard.  

Elle soutient néanmoins que « certains enjeux auraient pu certainement aboutir si on s’y était mis un peu plus tôt ». 

langues et Armes 

C’est le cas de la grande réforme des langues officielles de la ministre Mélanie Joly, promise en 2018, mais présentée tout juste avant la fin des travaux parlementaires en juin. 

« On a abouti avec un projet de loi à la 11e heure. Tout le monde savait que les chances que ce projet de loi soit adopté étaient minimes », avance Mme Chouinard. 

« C’est clair que ce sera un enjeu de campagne », avance le professeur à l’Université Laval Eric Montigny. 

Avec la dissolution du Parlement, une autre réforme a pris le bord, soit celle sur le contrôle des armes à feu. 

L’impopulaire projet de loi proposait d’octroyer aux villes le pouvoir de bannir les armes de poing, qui sont au cœur de la violence qui secoue les grands centres comme Montréal et Toronto.  

Or, plusieurs maires réclament qu’Ottawa ou les provinces s’en chargent à des fins d’uniformité. 

Bilan en environnement

Une attention particulière sera aussi portée sur le bilan des libéraux dans le dossier du climat, après un été marqué par des feux historiques dans l’Ouest. 

Les libéraux pourront se targuer de quelques avancées, mais les propositions plus « farfelues » qui ont retenu l’attention en 2019, comme l’objectif de planter deux milliards d’arbres, « ont à peine progressé », observe Mme Chouinard.  

Les deux observateurs s’entendent sur un point : le Parlement était largement fonctionnel au moment de partir pour les vacances.

« Le gouvernement est mieux d’assumer le fait qu’il veut aller en élection parce qu’il veut une majorité. Ce serait plus direct », pense M. Montigny.