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Les Québécois se feront courtiser

Les partis espèrent tous faire des gains auprès de l’électorat francophone, réputé pour changer d’humeur

GEN-Conférence de presse du Premier Ministre François Legault et de Justin Trudeau à Montréal
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Justin Trudeau a multiplié les annonces pour le Québec, notamment le 5 août, en compagnie de François Legault, à Montréal.

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Le Québec devrait encore une fois jouer un rôle central dans la campagne électorale fédérale qui s’amorce aujourd’hui, imposant aux différents chefs les enjeux qui lui sont chers, comme la langue. 

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L’électorat francophone du Québec change souvent d’humeur et fait pencher la balance. Il a voté en vague pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) en 2011, le Parti libéral en 2015, puis le Bloc québécois en 2019. Ainsi, tous les partis politiques fédéraux espèrent faire d’imposants gains dans la province, explique le professeur au département de science politique de l’Université Laval Eric Montigny.

C’est pourquoi ils sont très à l’écoute et généreux dans les enjeux qui touchent le Québec, une attention qui est déjà visible chez les libéraux, qui forme le gouvernement minoritaire actuel, observe le politologue André Lamoureux, de l’Université du Québec à Montréal.

« Il y a eu une multitude d’annonces [de Justin Trudeau] récemment, souligne-t-il. Ça n’en finit plus, les milliards qui pleuvent sur le Québec. »

Le chef conservateur Erin O’Toole (à droite) et le candidat dans Beauport-Limoilou, Alupa Clarke, ont joggé récemment dans les rues du Vieux-Québec.
Photo tirée de Twitter
Le chef conservateur Erin O’Toole (à droite) et le candidat dans Beauport-Limoilou, Alupa Clarke, ont joggé récemment dans les rues du Vieux-Québec.

« Il y a une phrase qu’on entend beaucoup dernièrement : l’Ontario décide du vainqueur et le Québec décide de la majorité ou de la minorité, mentionne la politologue de l’Université d’Ottawa Geneviève Tellier. Ça s’est un peu confirmé ces dernières élections. »

Legault à surveiller

Lors de la campagne de 2019, la loi sur la laïcité du gouvernement caquiste de François Legault avait joué un rôle de premier plan, même au-delà des frontières du Québec. 

Au jour 1, M. Legault avait demandé aux chefs fédéraux de s’engager à ne pas contester sa loi sur les signes religieux, puisque c’était selon lui aux Québécois de choisir.

Bénéficiant encore d’une forte popularité, M. Legault pourrait retenter le coup de faire connaître ses demandes, prédit le directeur de l’Institut d’études canadiennes de McGill, Daniel Béland.

« Je pense que c’est un élément important dans la campagne, de surveiller François Legault, ce qu’il va dire et ne pas dire », soutient-il. 

Pour le moment, il n’a pas fait connaître sa « liste d’épicerie ». 

En plein mois d’août, le chef du NPD, Jagmeet Singh (à droite), a encouragé le Canadien avec son seul élu québécois, Alexandre Boulerice.
Photo tirée de Twitter
En plein mois d’août, le chef du NPD, Jagmeet Singh (à droite), a encouragé le Canadien avec son seul élu québécois, Alexandre Boulerice.

Langue française

Si la laïcité est un dossier moins chaud ces temps-ci, la langue française pourrait bien prendre une place plus importante, alors que la modernisation de la Loi sur les langues officielles du gouvernement Trudeau va mourir au feuilleton.

À l’Assemblée nationale « à Québec cet automne, on va étudier la loi 96 [Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français] », souligne M. Montigny. 

« La campagne va se faire dans une dynamique où les partis d’opposition, que ce soit le NPD, les conservateurs ou le Bloc, ont dit que la loi 96 devrait s’appliquer aux institutions fédérales au Québec », dit-il.

À l’échelle nationale, la relance économique d’après pandémie, les transferts fédéraux en santé et l’environnement seront des thèmes incontournables, selon les politologues consultés.

D’autres enjeux pourraient prendre une plus grande place qu’auparavant, tels que la réconciliation avec les Premières Nations et le contrôle des armes à feu.

Pas de surprise en vue

Malgré la pandémie et le changement de chef au Parti conservateur du Canada, les sondages montrent que s’il y avait un vote aujourd’hui, la Chambre des communes ressemblerait à sa composition actuelle.

« À moins d’une surprise en campagne ou d’une gaffe importante ou d’une série de promesses qui va interpeller particulièrement l’électorat, je n’ai pas l’impression qu’on va avoir de grands mouvements à la Chambre des communes », a conclu la professeure au Collège militaire royal Stéphanie Chouinard.