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Une campagne historique

Une campagne historique
AFP

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Le premier ministre Justin Trudeau s’est présenté à Rideau Hall pour demander à la toute nouvelle gouverneure générale de dissoudre la Chambre des communes, déclenchant ainsi les élections fédérales. C’est donc officiel, nous sommes appelés aux urnes le 20 septembre prochain. 

Une autre campagne, me dites-vous? Peut-être, mais celle-ci revêt une importance toute particulière. 

Tout d’abord, c’est le temps d’évaluer la performance du gouvernement actuel sur la gestion de la pandémie. C’est d’ailleurs la question de l’urne que souhaite imposer Justin Trudeau. Alors que certains continuent à reprocher au gouvernement sa réaction tardive quant à la fermeture des frontières aériennes et terrestres, d’autres applaudissent la stratégie d’approvisionnement en vaccin qui a été non seulement bien exécutée, mais qui a également permis au Canada de se distinguer sur la scène internationale. 

Ensuite, l’avenir de plusieurs chefs de partis fédéraux dépend de leur performance. Justin Trudeau est à sa troisième campagne en tant que chef du PLC. Jagmeet Singh, chef néo-démocrate et Yves-François Blanchet, chef bloquiste, en sont à leur deuxième campagne. Erin O’Toole, le chef conservateur en est à sa première campagne électorale comme chef. Saura-t-il tirer son épingle du jeu et se distinguer, non seulement des autres chefs, mais aussi de son prédécesseur, le très beige Andrew Sheer? À suivre...

Chose certaine, les attentes sont élevées envers le premier ministre actuel. Une défaite (peu probable) ou un statu quo (plus probable) pourrait entraîner des conséquences importantes quant à son avenir comme chef du PLC et comme premier ministre. C’est donc un pari important pour les libéraux. 

Les yeux sont également rivés vers Erin O’Toole, qui devra enfiler le veston de premier ministre et de se présenter comme un homme d’État auprès des Canadiens. Souffrant d’un important et presque irrattrapable déficit de notoriété auprès de la population, il devra s’imposer comme la seule option possible aux libéraux et proposer une stratégie de sortie de crise pandémique et de relance économique qui soit crédible, pragmatique, responsable d’un point de vue des finances publiques et basée sur la science. 

Il devra surtout assumer des positions plus claires et tranchées. À trop vouloir ménager la chèvre et le chou, sa base militante albertaine avec les positions du Québec et de l’Ontario, notamment en matière de vaccination et de mesures sanitaires, il risque de perdre tout le monde. Trop à gauche pour l’ouest, trop à droite pour l’est, il risque de connaître le même sort qu’Andrew Sheer. D’ailleurs, la vaccination obligatoire sera-t-elle l’enjeu social du PCC comme l’a été l’avortement aux dernières élections? 

Peu importe les résultats du 20 septembre, cette campagne sera sans contredit historique: en pleine quatrième vague pandémique, il sera difficile, voire impossible, pour les chefs de faire des bains de foule, de serrer des mains, de se prendre en photo avec des citoyens et des militants, de tenir des rassemblements en présentiel pour faire des démonstrations de force. Il leur sera difficile de rejoindre la population en virtuel et d’avoir le même impact auprès des médias. 

Évidemment et malheureusement, il pourrait y avoir des éclosions du virus dans certaines équipes, les ralentissant et les bottant en touche pour quelques précieux jours alors que la campagne est déjà très courte et que chaque minute compte. Ils devront redoubler d’attention pour que la garde rapprochée de leur chef ne soit pas contaminée. Inexorablement, ils devront maintenir une distance alors qu’une campagne électorale est censée être un moment de rapprochement. 

Les prochaines semaines sont importantes. Pas seulement pour ces politiciens qui essayeront de nous convaincre qu’ils ont, chacun, le meilleur plan, la meilleure stratégie et la meilleure vision, mais elles seront importantes pour nous comme Canadiens, car plus que jamais il sera important de voter pour ce que l’on souhaite comme relance économique, comme moyens de réconciliation avec les peuples autochtones, comme stratégie de lutte contre les changements climatiques, comme vision de ce que représente l’unité du pays et comme plan pour qu’enfin, nous puissions assainir les finances publiques. 

Nous devrons écouter toutes les propositions, les analyser et faire un choix. C’est à notre tour de décider. Rendez-vous le 20 septembre. 

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