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Passe d’armes entre libéraux et conservateurs au sujet des armes d’assaut

Passe d’armes entre libéraux et conservateurs au sujet des armes d’assaut
Photo AFP

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Les libéraux accusent le chef des conservateurs, Erin O’Toole, de vouloir légaliser les armes d’assaut et de se plier au lobby des armes à feu. Les conservateurs disent qu’ils ne suggèrent rien de tel.

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«Au lieu d’assurer la sécurité de nos communautés concernant la violence liée aux armes à feu et aux gangs, Erin O’Toole ignore les conseils des médecins et de la police, en tenant plutôt des promesses faites au lobby des armes à feu en coulisses», ont avancé les ministres Mélanie Joly et Mona Fortier, qui sont aussi deux des têtes dirigeantes de la campagne du Parti libéral.

«En promettant d’abroger l’interdiction des armes à feu de style arme d’assaut et d’éliminer les vérifications des antécédents, Erin O’Toole met en péril nos communautés et nos premiers intervenants», ont-elles ajouté dans une déclaration écrite transmise en début de soirée lundi.

Cette sortie est la première depuis le début de la campagne à faire mention des armes à feu. Le thème est hautement d’actualité au Québec ces jours-ci en raison des attaques incessantes qui se déroulent à Montréal depuis quelques mois.

«Les libéraux font encore diversion en prétendant faussement que nous voulons légaliser les «armes d’assaut» et n’ont jamais agi contre les armes à feu qui entrent illégalement au pays et qui sont utilisées par les gangs. Contrairement aux libéraux, les conservateurs vont agir pour stopper la hausse de la violence entre gangs sans s’attaquer aux chasseurs et aux tireurs sportifs», a répliqué la campagne conservatrice dans une déclaration transmise moins de deux heures plus tard.

Justin Trudeau a décrété en mai 2020 l’interdiction de 1500 de ces armes dites de style «armes d’assaut», un mois après la plus grande tuerie de masse de l’histoire du pays, en Nouvelle-Écosse, qui a fait 23 morts et 3 blessés.

Dans leur plateforme, les conservateurs indiquent bel et bien qu’ils ont l’intention d’«abolir» le décret de mai 2020. Ils proposent de «faire un examen de la Loi sur les armes à feu avec la participation des forces de l’ordre, des propriétaires d’armes à feu, des fabricants et du public», puis de «la mettre à jour mettre à jour en créant un système de classification simplifié et en le codifiant dans la loi pour bien préciser quels types d’armes entrent dans chaque catégorie et assurer que les décisions sur la classification peuvent être prises rapidement, le public et les propriétaires d’armes à feu ayant l’assurance qu’elles ne sont pas arbitraires».

Dans leur plateforme dévoilée lundi, les conservateurs mettent sur la table une panoplie de réformes des lois encadrant la possession et l’utilisation des armes à feu. Les modifications proposées suggèrent le plus souvent un durcissement des peines pour des crimes mineurs.

Par ailleurs, les libéraux ont déposé un projet de loi sur les armes de poing plus tôt cette année. Celui-ci a été critiqué de part et d’autre, car il accordait aux municipalités la possibilité de légiférer sur les armes de poing, le type d’arme le plus communément utilisé par les criminels reliés aux gangs.

Les villes n’ont pas voulu de cette responsabilité et s’en sont remises aux provinces et au fédéral. Justin Trudeau s’était dit «ouvert» à une révision de ce projet de loi.

PolySeSouvient se tourne contre les libéraux

Autrefois enthousiaste, le regroupement PolySeSouvient a déchanté par rapport aux promesses des libéraux.

Dans deux longs communiqués, ceux-ci reviennent sur les propositions des libéraux faites depuis l’entrée au pouvoir de Justin Trudeau au poste de premier ministre.

«D’abord, les Canadiens doivent comprendre que seule une minorité des mesures adoptées par les libéraux découlant des promesses de 2015 et de 2019 ont été mises en œuvre, y compris la plupart des mesures associées à la campagne de 2015 qui ont été adoptées il y a plus de deux ans», a déclaré Nathalie Provost, une survivante de l’attentat de Polytechnique.

«Mais surtout, les mesures adoptées ou introduites ne sont qu’un pâle reflet de ce qui aurait pu constituer des progrès considérables et efficaces. Ce que nous avons vu jusqu’à présent ne représente que des demi-mesures ou des mesures creuses truffées de concessions au lobby des armes», a-t-elle ajouté.