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Frappée par la COVID-19, elle frôle la mort à l’accouchement

Son bébé à naître était lui aussi en danger en raison d’un retard de croissance causé par l’infection de sa mère

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Photo courtoisie, Famille Franco On voit la mère de famille aux soins intensifs, où elle a passé huit jours, parce que ses poumons n’arrivaient plus à fonctionner.

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Une mère de 31 ans en pleine santé a craint pour sa vie et celle de son bébé à naître au printemps dernier, évitant de peu une césarienne d’urgence aux soins intensifs en raison de la COVID-19.

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« Ça a été une épreuve très, très difficile pour la famille. Helena est là avec nous, on a passé à travers », souffle Sharon Franco, encore émue. 

« Je me sentais coupable, je m’excusais tout le temps à mon bébé », avoue la Montréalaise. 

Frappée par la COVID-19

La vie de la famille de Mme Franco a basculé le 22 février dernier, après que sa fille de quatre ans a contracté la COVID-19. Infectée par la suite, la femme enceinte de 24 semaines a développé des difficultés respiratoires. 

Malgré des pompes, son état a dégénéré au bout de deux semaines. Le 8 mars, elle a été transportée en ambulance à l’hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne. 

« Je ne pouvais plus bouger ni parler. L’air n’arrivait plus, je pensais que je ne passerais pas la nuit », confie-t-elle. J’ai vraiment eu peur de mourir. Pour moi, c’était la fin. » 

Rapidement, la dame a été transférée à l’hôpital Royal Victoria, spécialisé pour les femmes enceintes atteintes de COVID-19. 

Après trois jours sous respirateur artificiel aux soins intensifs, sa capacité respiratoire était à seulement 30 %. 

Devant ce tableau sombre, la femme était à deux doigts de recevoir un traitement plus fort. Trop fort pour le bébé, qui serait né par césarienne, à seulement 26 semaines de grossesse. Évidemment, une naissance si prématurée est risquée. 

La pire journée

« Ils ont attendu 24 heures avant de décider. Ça a été la pire journée pour ma famille, ils n’ont pas dormi de la nuit », relate la femme, qui n’a pas eu connaissance de ces discussions.

Heureusement, le lendemain, sa capacité pulmonaire était remontée à 40 %, et la césarienne a été évitée. Au réveil, la mère a eu un choc en voyant son corps. 

« Je ne savais pas si [le bébé] allait survivre, et si moi-même j’allais survivre. Mon ventre était tout petit », dit la mère, qui avait perdu 15 lb. On n’est pas supposé perdre du poids, enceinte. » 

Après huit jours aux soins intensifs, Mme Franco était hors de danger. Mais pas son bébé. Une panoplie de tests ont révélé que le fœtus avait cessé sa croissance depuis l’infection à la COVID-19. Les médecins craignaient aussi un manque d’oxygène et que le bébé ne survive pas. 

Congé sans savoir

Autre inquiétude : sa circonférence crânienne était trois fois plus petite que la normale. Les médecins ont même fait des tests pour le Zika (qui cause la microcéphalie).

« Je me suis mise à pleurer », se rappelle la femme, qui n’avait pas vu son autre fille depuis un mois. 

Le 31 mars, elle a eu son congé de l’hôpital sans savoir ce qui adviendrait de son bébé. « On s’attendait à ce qu’elle ait des problèmes. On s’est dit : c’est correct, on va être là pour elle. La vie fera en sorte qu’on lui donne tout ce qu’on peut », relate-t-elle. 

Sharon Franco a eu très peur pour sa vie et celle de sa fille, Helena Parra, après qu’elle a attrapé la COVID-19, enceinte de 24 semaines­­­. Le poupon est né en pleine santé, le 27 mai dernier.
Photo courtoisie, Famille Franco
Sharon Franco a eu très peur pour sa vie et celle de sa fille, Helena Parra, après qu’elle a attrapé la COVID-19, enceinte de 24 semaines­­­. Le poupon est né en pleine santé, le 27 mai dernier.

Une semaine plus tard, la bonne nouvelle espérée est arrivée. La petite Helena avait repris sa croissance, et sa circonférence crânienne avait suffisamment grandi. 

« C’était la meilleure nouvelle qu’on pouvait recevoir au monde, soupire la mère, encore émue. [...] On avait tellement hâte de l’avoir avec nous pour confirmer que tout était correct. » 

Petite mais en santé

Helena Perra est née le 27 mai dernier. Elle pesait 6,7 lb. 

« Elle va super bien ! Elle grandit et suit sa courbe », dit la mère, qui est complètement remise de la COVID-19. 

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Photo courtoisie, CISSS Est de Montréal

Après toute cette épreuve, Mme Franco exhorte les gens à se faire vacciner, surtout les femmes qui envisagent d’avoir un enfant. Elle-même s’est fait inoculer deux jours avant la naissance d’Helena. 

« Je partage mon histoire, si ça peut aider des gens à réaliser que ce n’est pas une joke [la COVID-19]. J’ai juste à dire : Go, faites-le ! Ça peut dégénérer très vite. » 

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