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Cyberintimidation et politique municipale : Trolls pas trolls, j’y vais!

Cyberintimidation et politique municipale : Trolls pas trolls, j’y vais!
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Les attaques dont les élus municipaux sont la cible sur les réseaux sociaux en découragent plusieurs à poursuivre leur engagement citoyen, mais d’autres gardent le cap et brigueront les suffrages aux élections du 7 novembre, malgré les attaques de trolls qui empoisonnent parfois leur vie. 

L’Agence QMI a parlé à trois candidates déterminées à poursuivre leur engagement.

Après un premier mandat comme conseillère municipale à Granby, Julie Bourdon vise maintenant la mairie. Le poste appelle à plus de responsabilités, mais expose aussi à davantage de critiques.

Julie Bourdon
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Julie Bourdon

«C’est certain que j’ai eu droit à quelques attaques personnelles», admet la candidate qui tient toutefois à souligner que la plupart des commentaires qu’elle reçoit demeurent respectueux. «C’est vrai qu’il y a quelques cas qui sont désobligeants, mais il ne faut pas oublier que la plupart des gens le font avec respect.»

Près des yeux, loin du clavier?

Pour sa part, après une pause imposée pour des raisons de santé, Hélène Dauphinais, tentera de se faire élire pour une seconde fois comme conseillère municipale à Sherbrooke. La présence d’intimidateurs sur les réseaux sociaux ne constitue visiblement pas un obstacle pour l’économiste et professeure au Cégep de Sherbrooke. Mme Dauphinais se demande d’ailleurs si le fait d’agir dans une ville de taille moyenne, où elle peut croiser ses commettants un peu partout, ne contribue pas à calmer les ardeurs de citoyens au sang un peu trop bouillant.

Hélène Dauphinais
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Hélène Dauphinais

«Souvent, on va pouvoir identifier c’est qui le troll, il va y en avoir deux trois. C’est un palier aussi [le municipal] qui suscite un peu moins d’intérêt et souvent on va être capable d’identifier d’où vient la critique», analyse la candidate.

Comme Julie Bourdon, Hélène Dauphinais estime que les trolls forment une minorité des critiques que les élus doivent affronter. Selon elle, la véritable menace ne vient pas des réseaux sociaux, mais des élus eux-mêmes.

«Le pire, ce ne sont pas les citoyens. Le pire, ce sont les élus autour de la table, quand ils sont dans un parti au pouvoir qui est fort. Eux autres, là, ils n’utilisent pas les réseaux sociaux, ils vont se servir des médias traditionnels pour planter quelqu’un. Et quand ils sont dans un parti, ils vont le faire à la façon d’une meute», soutient Mme Dauphinais.

La faute à la COVID?

Des élus remarquent que la pandémie à la COVID-19 a érodé la maîtrise de soi de certains citoyens. C’est l’observation que fait Catherine Baudin, conseillère municipale à Granby qui se représente pour un second mandat.

«Avec la pandémie, tout le monde disjonctait beaucoup plus vite et beaucoup plus facilement, à croire que tout énerve tout le monde. Mais comment on faisait avant? On était beaucoup plus tolérants, beaucoup plus patients et là, tout est exacerbé», regrette Mme Baudin.

Catherine Baudin
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Catherine Baudin

Le travail largement méconnu des élus municipaux par les citoyens pourrait expliquer une partie du sans-gêne que manifestent certains électeurs, croit Catherine Baudin.

«On dirait que les gens ne se rendent pas compte que c’est un investissement [le travail d’élu]. On n’est pas juste assis devant la télé une fois par mois à faire des sourires. Y a beaucoup de travail en arrière et on dirait que les gens n’ont pas conscience de ça», souligne-t-elle.

De nombreux élus ont remis en question, au cours des derniers mois, leur implication dans la vie municipale ou ont décidé de s'en retirer, en raison des attaques dont ils font l’objet sur les réseaux sociaux. C’est notamment le cas du maire de l’arrondissement montréalais de Verdun, Jean-François Parenteau, qui a annoncé en mars dernier qu’il ne briguerait pas de troisième mandat en novembre, affirmant que «les attaques personnelles et les commentaires gratuits de plus en plus présents ont fini par m’atteindre».

Devant cette problématique, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a lancé en mai une vidéo de sensibilisation à propos de l’intimidation sur les médias sociaux avec l’objectif qu’elle «agisse comme un vecteur de sensibilisation collectif, tout en transmettant un message qu’il ne faut pas baisser les bras, qu’il existe des moyens d’agir et de réagir sur le web».