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Code vestimentaire: des écoles optent pour l’uniforme non genré

Une compagnie a modifié son catalogue pour la rentrée cette année

Uniformes non genrés
Photo courtoisie, Raphaël U Deux jeunes portant le même modèle d’uniforme de la collection de Raphaël U.

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Coupe « ajustée » au lieu de « féminine ». Short « basket » au lieu de « masculin ». Les uniformes non genrés feront leur entrée dans une cinquantaine d’écoles secondaires cet automne.

« Les jeunes sont passionnés de ça », remarque Tammy Hattem, cofondatrice de Raphaël U.

Cette entreprise d’uniformes scolaires a remodelé son catalogue cette année de façon à proposer des options non genrées aux élèves.

Des pièces de vêtements mixtes ont été ajoutées et plusieurs terminologies ont été revues.

Par exemple, le short court n’est plus qualifié de « féminin », mais de modèle « soccer », en comparaison au modèle « basket » qui est plus long. Et les deux modèles sont offerts aux garçons.

Le short n’est plus féminin ou masculin, mais plutôt « soccer » ou « basket » en fonction de sa longueur.
Courtoisie
Le short n’est plus féminin ou masculin, mais plutôt « soccer » ou « basket » en fonction de sa longueur.

Sur les 60 écoles que dessert Raphaël U, 85 % ont embarqué dans ce virage, estime Mme Hattem. 

Garçons en jupe

En octobre dernier, des adolescents de plusieurs écoles sont arrivés en classe vêtus d’une jupe pour appuyer leurs collègues féminines dénonçant des règles vestimentaires jugées sexistes. Le mouvement est devenu viral.

« Ça nous a vraiment marqués. On s’est dit : c’est donc bien hot de faire ça », se souvient Mme Hattem.

Au Collège Héritage, à Châteauguay, en Montérégie, la direction a été interpellée.

« Les élèves sont très politisés [...] On les a écoutés », dit le directeur général, Paul Côté.

Le Journal a pu parler à Emma Loiselle, une des élèves qui ont abordé la direction.

« Souvent l’argument contre, c’est de dire qu’il n’y a pas de gars [actuellement] qui veut porter la jupe. Mais pourquoi attendre qu’il y ait un cas qui se manifeste [avant d’y réfléchir] ? » demande l’étudiante de 17 ans.

Elle a notamment été mise en contact avec Mme Hattem et a participé aux consultations en vue de modifier le catalogue.

« Honnêtement, je suis fière », résume celle qui commence le cégep cette année. Elle se réjouit tout de même de voir que ses efforts profiteront aux plus jeunes.

Pas une obligation

Mme Hattem a bien reçu quelques appels de parents qui croyaient qu’on allait obliger leur garçon à porter la jupe. « Non, non, non », raconte-t-elle en riant. Mais globalement, la réaction est positive. 

D’ailleurs, ce n’est pas 100 % du catalogue qui est non genré, précise-t-elle. Une fille qui veut s’habiller typiquement féminin ou un garçon qui recherche du typiquement masculin s’y retrouvera.

Mais la fille qui préfère le modèle masculin parce qu’il lui fait mieux y trouvera également son compte, ajoute Mme Hattem.

« L’important, c’est comment tu te sens dans ta coupe. »