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Investir durant toute sa vie pour obtenir un gros chèque au décès

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Permettez-moi de vous amener vers un sujet un brin moins distrayant que les programmes électoraux conservateurs. Avez-vous remarqué que la rente viagère, c’est exactement l’inverse de l’assurance vie ? 

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Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je l’ai réalisé, je me suis trouvé malin. 

Regardez : Avec une rente viagère, on donne une grosse somme d’argent à une compagnie d’assurance en échange de petits montants versés à fréquence régulière, jusqu’au décès.

Avec une assurance vie, on paye une compagnie d’assurance de petits montants réguliers pour éventuellement toucher un gros chèque au décès. 

Dans les deux cas, le jour du trépas détermine qui, de l’assureur ou de l’assuré, sort gagnant. 

Avec la rente viagère, le rentier gagne s’il vit très vieux, car il se fait payer longtemps.

Avec l’assurance vie, la compagnie gagne si l’assuré vit très vieux, car elle se fait payer longtemps.

Ce n’est pas une loterie pour autant, les deux offrent chacune une protection particulière.

La rente viagère protège contre le risque financier d’une mort tardive.

L’assurance vie protège principalement contre le risque financier d’une mort prématurée. 

Comment calculer la rente

Pour ce qui est de la tarification des deux produits, les méthodes diffèrent, bien que le moment probable du décès constitue dans les deux cas le critère principal. 

Avec la rente, on se base sur l’espérance de vie. Au Québec, pour un homme de 65 ans, elle s’élève à presque 20 ans.

L’assureur se livrera à un calcul relativement simple pour déterminer le montant de la prestation. L’argent ayant servi à l’achat de la rente sera réparti sur 20 ans, et la compagnie continuera de payer si son client passe le cap. 

Pour une femme du même âge, ce sera plutôt sur 22 ans. L’assureur appliquera un rendement de 1,5 % à 2 % (selon les taux des obligations en vigueur), il soustraira ses frais d’administration et sa marge de profit, et puis voilà.

« Les rentiers qui décèdent prématurément financent ceux qui vivent plus longtemps », explique Caroline Désy, conseillère en sécurité financière au cabinet BGY. La loi des grands nombres, sans quoi l’assurance serait une activité trop risquée, fait en sorte que ça balance au bout du compte. 

Comment est tarifée l’assurance

En assurance vie, on s’appuie sur ce qu’on appelle la « table de mortalité », plus pointue. Celle-ci détaille les probabilités de décès pour chaque tranche d’âge. 

Aussi, l’assureur voudra plus d’informations sur l’état de santé du client. Est-il fumeur ? A-t-il des antécédents médicaux ? Y a-t-il des maladies génétiques dans sa famille ?

« Déterminer la prime en assurance vie exige plus d’informations, le calcul est plus complexe que dans la tarification d’une rente », souligne Caroline Désy.

Les facteurs de nature à réduire l’espérance de vie doivent être connus de l’assureur, ce qui explique les fastidieux questionnaires et les examens médicaux. Sinon, les dés seraient pipés en faveur du client.

Pourquoi l’acquéreur de la rente est-il épargné de ces formalités ? C’est reconnu, les chances de vivre longtemps augmentent avec une meilleure santé et de bonnes habitudes de vie, mais au-delà de ça, le pari de la longévité est plus difficile à truquer.

LA RENTE, DE MOINS EN MOINS POPULAIRE 

De plus en plus de compagnies d’assurance n’offrent plus de rentes viagères, qui ne seraient assez lucratives pour personne, à commencer par les assureurs et les conseillers en sécurité financière.

Pour le client, c’est aussi moins attrayant. Il faut dire que les faibles taux d’intérêt, qui impactent directement la valeur des rentes, alimentent la réticence. 

Dans l’ensemble des actifs, la rente se situe dans la portion « prudente », au même titre que les obligations et les CPG, dont les rendements ne sont pas fameux non plus. Qu’importe, la rente viagère reste la seule façon de contrer le risque de longévité pour les personnes qui ont des moyens limités. 

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