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Double Nelson: une histoire d'amour en plusieurs rounds

Philippe Djian
Photo courtoisie, Witi de Tera / Opale / Leemage Philippe Djian

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Attendu en librairie le 26 août prochain, le tout nouveau roman de l’écrivain français Philippe Djian met en scène un couple dont l’histoire nous a un peu sonnés. On vous en parle !

Lorsqu’il a écrit ce roman, le 32e si nos calculs sont bons, Philippe Djian a assumé d’emblée que le double Nelson faisait partie de ces détails connus de tous. 

« Moi, c’est un truc de mon enfance, alors j’avais dans l’idée que tout le monde savait ce que c’était, précise-t-il depuis sa maison de Biarritz, dans le sud-ouest de la France. Mais non. Tout le monde ne sait pas ce qu’est un double Nelson, et au dos du livre, il a fallu qu’on donne une ou deux indications. » 

<b><i>Double Nelson</i></b><br/>
Philippe Djian<br/>
Aux Éditions Flammarion<br/>
240 pages
Photo courtoisie
Double Nelson
Philippe Djian
Aux Éditions Flammarion
240 pages

De ce fait, on a appris que dans les combats de catch, le double Nelson désignait une prise de soumission obligeant l’adversaire à abandonner le match. Ce qui ne situe pas pour autant l’action de ce tout nouveau Djian dans un ring ! 

« Je sais toujours que mes livres vont tourner autour de deux personnes, poursuit l’écrivain. Des gens qui se rencontrent, qui s’aiment et qui se détestent. Je ne vois pas ça comme de la boxe, mais plutôt comme de la lutte parce que dans les relations amoureuses, il y en a souvent un qui cherche à avoir le dessus, à prendre un peu le pouvoir. Mais ici, on va avoir l’impression que les deux membres du couple pratiquent la même prise au même moment... »

Adepte de la rupture créatrice

Luc est un romancier dans la quarantaine qui a l’habitude d’enchaîner les ruptures amoureuses pour pouvoir poursuivre la rédaction de ses bouquins. « Quand il met fin à une relation et qu’il souffre, lui, l’écrivain, peut écrire, explique Philippe Djian. Il croit que lorsqu’il est amoureusement mal, ça le place dans une sorte d’urgence créatrice qui lui permet de travailler. Sauf qu’avec Edith, ça ne marchera pas. »

Maintenant, quelques mots sur Edith : à 35 ans, elle est l’une des premières femmes à avoir réussi à intégrer les forces spéciales françaises. C’est d’ailleurs grâce à ça que Luc et elle se sont rencontrés. Au cours d’une mission, elle s’est tout bonnement trompée de cible et en ni une ni deux, elle a envoyé Luc au tapis non sans lui amocher sérieusement le visage au passage. Mais le plus surprenant dans cette histoire, c’est que Luc et Edith tomberont ensuite follement amoureux l’un de l’autre. 

« Il y a vraiment eu une femme qui est rentrée dans les forces spéciales de l’armée pour agir sur le terrain, dit Philippe Djian. Il a fallu qu’elle gagne cette place par rapport aux hommes, alors on peut comprendre qu’elle ne veuille pas la laisser tomber. Pour Edith, ce sera pareil. Même si son métier est dangereux et qu’elle peut se faire tuer n’importe quand sur le terrain, elle s’obstinera à rester. » 

À Luc de s’y faire. Toutefois, après plusieurs mois de passion, bing. Parce qu’il peine à terminer son énième roman, Luc annoncera à Edith qu’il la quitte. Et pas n’importe comment : à l’aide d’un Post-it rose bonbon, collé sur son miroir. 

« Ça m’amusait de commencer ce livre par une rupture », commente Philippe Djian. Car c’est à peu près comme ça que débute Double Nelson

Mais très vite, on découvrira aussi que tout n’est pas vraiment fini entre eux. 

Pas de retour en arrière possible ?

À la suite d’une autre mission qui ne s’est pas déroulée tout à fait comme prévu, Edith devra en effet se cacher quelque part, le temps que les choses se tassent pour elle. Et ce quelque part, ce sera bien sûr chez Luc. Alors, vivre sous le même toit, oui, mais reprendre là où ils en étaient ? Oh que non ! 

« Ils vont aller jusqu’à séparer la maison en deux à la craie pour ne surtout pas se remettre ensemble, ajoute Philippe Djian. Ils voudront bien avoir un rapport, mais rien de plus. Pas question de s’embrasser sur la bouche avec la langue, par exemple. Ça va être de la vraie tragi-comédie ! »

Et qui dit tragi-comédie, dit dénouement heureux. 

« Pour une fois, j’ai fait un livre qui se terminait plutôt bien, confirme l’auteur. À cause de ça, il prend d’ailleurs plus d’ampleur. Je sens une espèce d’engouement pour Double Nelson. D’un seul coup, alors que le bouquin n’est pas encore en vente [on lui a parlé vers la fin juillet], ça se passe super bien. Probablement parce que ce livre est plus adapté à la difficulté de vivre dans ce monde covidique. Je suis content. Je veux être lu par le plus grand nombre. Je n’ai pas envie d’être le dieu de 100 personnes. »