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La planification financière a un prix

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Je crois vous avoir déjà confié que je ne me distinguais pas par mes compétences manuelles. Ça me gêne, mais détrompez-vous, ce n’est pas pour l’ombrage que ce handicap pourrait jeter sur ma virilité, mais pour l’impact plus concret qu’il a sur mon portefeuille.

Encore récemment, j’ai dû me résoudre à faire appel à un plombier après avoir vainement tenté de réparer une fuite. J’ai observé le pro travailler, couché sous l’évier de la cuisine, ce n’était pourtant pas si compliqué. Son intervention a duré 20 minutes, incluant un aller-retour au camion.

Puis il est reparti avec mon chèque de 137 $.

Je ne remets pas en question ses tarifs. Je veux seulement souligner ceci : quand on ne sait pas faire quelque chose, on doit payer pour que ça se fasse.

Où est-ce que je veux en venir avec ça ? Ah oui !

Les conseillers financiers, encore !

Si je me fie à notre correspondance, c’est votre plus importante préoccupation : où trouver le bon conseiller, l’honnête, idéalement le « pas-trop-cher » ou mieux, le gratis !

Ce n’est pas plus facile à dégoter qu’un bon plombier disposé à brader ses services un mardi matin. Si on ne veut pas mettre sa main à la poche, on doit apprendre à se débrouiller soi-même.

Combien ?

Oui, il serait rassurant qu’un conseiller bienveillant nous soit affecté, toujours disponible pour dissiper nos angoisses financières, répondre à nos questions et nous faire la morale quand on fait une folie. Mais bon, quelle serait mon utilité si c’était ainsi ?

Dans la vraie vie, il faut un minimum d’argent. Je ne parle pas seulement de celui qu’on doit débourser pour s’offrir les services du professionnel. Il faut de l’argent pour avoir des « préoccupations financières ».

C’est sûr qu’on a des problèmes d’argent quand on en a trop peu, mais lorsque la totalité de nos revenus sert à payer l’essentiel, on ne se lève pas le matin en se demandant s’il vaut mieux investir dans le CELI ou dans le REER.

Donc il faut de l’argent. Beaucoup ? Assez. Nulle part, on ne vous déroulera le tapis rouge si vous débarquez avec 25 000 $. Dans les grandes institutions financières, les clients sont classés le plus souvent selon leur niveau d’actifs, qui correspond généralement avec leur âge.

Bas de l’échelle

Vous commencez l’aventure de l’épargne ? Débrouillez-vous avec le service en ligne. Il arrivera un moment où on vous estimera assez important pour vous affecter un humain afin de vous accompagner. Ce sera toutefois un employé ayant fraîchement obtenu son permis de courtage en épargne collective, motivé d’abord par l’atteinte de ses objectifs de vente.

Une fois touché un certain plateau, autour de 250 000 dollars investis dans les fonds communs, on peut alors accéder à un planificateur financier. Si vous êtes loin du compte, rien ne vous empêche de le réclamer à la succursale, on ne sait jamais.

La vaste majorité des planificateurs œuvrent dans les grandes institutions financières. Le planificateur fera votre bilan et pourra évaluer vos revenus de retraite, entre autres. Il révisera aussi le portefeuille.

Le prix à payer ? Des produits financiers qui, sans être les plus performants, sont gourmands en frais de gestion. À 2 % de frais, la facture s’élève à 5000 $ sur actif de 250 000 $. Par année. Ça passe inaperçu quand la Bourse monte. On s’en reparlera lorsqu’elle changera de direction.

Alternatives aux banques

Une autre option, les cabinets et les réseaux indépendants multidisciplinaires (placement, assurances, fiscalité, succession). On nage toujours dans l’univers des fonds communs de placement, donc de frais relativement élevés, mais le client peut espérer une plus grande diversité de produits d’investissement et des services plus attentionnés sans détenir un portefeuille très important (il y en a toutefois qui se spécialisent dans la clientèle plus fortunée).

Mais vous savez ce que je préfère pour la personne moyenne et ordinaire (et même extraordinaire). 

Les fonds négociés en bourses, qu’on peut soi-même acheter par l’intermédiaire d’un compte de courtage, coûtent une fraction du prix. 

Un seul fonds à répartition d’actifs peut faire le travail, et les frais oscillent autour de 0,25 %. Avec ce produit, l’investisseur se retrouve avec un portefeuille diversifié qui se rééquilibre automatiquement.

Les coûts sur des placements de 250 000 $ s’élèvent à 650 $, une économie de plus de 4000 $ par année par rapport aux fonds communs. C’est plus qu’il en faut pour se payer un bon planificateur financier à honoraires, un comptable et un notaire.

C’est plus facile que de réparer une fuite d’eau.

Conseils  

  • On peut trouver un planificateur financier dans le répertoire de l’Institut québécois de planification financière (iqpf.org). 
  • Pour les ménages à faibles revenus, il existe des ressources formidables et gratuites, les associations coopératives d’économie familiale (ACEF). Elles offrent des consultations budgétaires et des services d’aide aux consommateurs, entre autres.