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L’insoupçonnable ver de terre

Vers

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Pêcheurs et pêcheuses, avec ou sans dédain, vous le prenez dans vos mains sans trop réfléchir. Vous lui piquez l’hameçon dans le milieu de ce qui pourrait être la tête ou le devant, et vous l’enfoncez ensuite dans son corps sans aucune pitié, aucune retenue. Oui, le ver de terre a un devant et un derrière.

Saviez-vous que le ver de terre a une constitution vraiment extraordinaire qui fonctionne avec 10 à 14 mini-cœurs ? Vous avez bien lu, 10 à 14 cœurs qui lui permettent de survivre et de continuer à bouger une fois que vous l’avez coupé en deux parce que vous le trouviez trop long comme appât.

Dans un petit atelier du troisième rang à St-Gabriel de Brandon, les Appâts St-Gabriel et sa douzaine d’employés préparent annuellement pas moins de 5 millions de lombrics qui seront ensuite vendus en groupes de 15 ou 30 dans des dépanneurs, magasins de sport ou pourvoiries de certains secteurs du Québec. Les Appâts Abitibiens, les Appâts Ste-Martine et les Appâts du Nord sont les trois autres grands fournisseurs qui se partagent la province avec respect et équité. Ils ont chacun leur territoire, ils se connaissent.

Élevés et protégés dans une terre de grande qualité et spéciale qui vient d’Alfred en Ontario, vous aurez remarqué que les vers sont toujours bien vivants et vigoureux. Un peu d’air, une bonne terre et de la moulée ne sont que quelques secrets pour que vos appâts soient à la hauteur. Parce qu’il y a d’autres cachettes, des procédés qu’on refuse de dévoiler. Sachez que les vers de terre pour les pêcheurs au Québec et en Ontario sont une chasse gardée. N’essayez même pas de vous immiscer là-dedans.

UN MILLIARD

Dans notre province voisine, les Ontariens vendent environ un milliard de vers de terre aux pêcheurs américains.

Hermaphrodites, donc possédant les organes reproducteurs mâles et femelles, les vers de terre, pour se reproduire, se collent ventre à ventre et s’échangent leurs spermatozoïdes. Les lombrics n’ont pas de poumons et respirent par la peau qui doit rester humide pour absorber de l’oxygène. Dès que sa peau commence à sécher, le ver de terre est en danger de mort. Les rayons ultra-violets sont mortels pour lui. Aussi, il aspire sa nourriture et il peut bouffer l’équivalent de plusieurs fois son poids en 24 heures.

L’HISTOIRE

À St-Gabriel, Robert Robillard dirige l’entreprise qu’a démarrée son père, Bertrand, à Montréal au début des années 50 et qu’il entend léguer à son fils Jonathan, éventuellement. Quatre camions réfrigérés partent tous les matins vers diverses régions et peuvent se rendre jusqu’à Matane. En outre, l’entreprise qui compte plus de 800 clients vend aussi plus de 1000 livres de sangsues chaque année.

Tout a commencé dans un magasin de sport, angle Désiré et Notre-Dame à Montréal en 1952. Bertrand Robillard fut le premier au Québec à embaucher des chercheurs de vers dans le gazon après des séquences de pluie et à les vendre ensuite principalement aux gens qui pêchaient dans le fleuve. L’expansion a été rapide ainsi que les méthodes de production que l’on veut garder secrètes.

Évidemment les ventes atteignent des plateaux impressionnants en temps de pêche où on peut distribuer environ 300 000 vers par semaine.

Une belle histoire familiale dont vous vous souviendrez peut-être la prochaine fois que vous lancerez une ligne à l’eau.

POURQUOI ?

On ne sait pas vraiment qui en a été à l’origine et où a commencé la pêche en utilisant les vers de terre qui, on le sait, ne vivent pas dans les lacs ou les rivières. Lorsqu’ils s’y retrouvent, ce sont des pêcheurs qui les y ont amenés sinon une pluie abondante créant un cours d’eau temporaire, imprévu. On a beau chercher, mais personne ne peut vraiment expliquer pourquoi les poissons d’eau douce sont si friands et même excités lorsqu’apparaissent les vers de terre dans leur environnement. L’odeur ? La texture ?

Le ver de terre est sans contredit l’appât le plus populaire de la planète.

Il a l’air tranquille comme ça dans ses galeries souterraines, mais on ne peut pas dire qu’il n’a pas de cœur. 

De l’enclave      

  • Homme d’une grande patience Vincent Damphousse rentre d’un voyage de pêche au saumon sur la rivière Restigouche. Nombre de prises ? Zéro et ça ne le dérange pas du tout... ou pantoute..  
  • Guy Lafleur lui, revient du Labrador où il a pêché, mais surtout où il a fait de l’hélicoptère dont il s’était ennuyé terriblement. Ensuite, il est allé passer deux jours avec maman Pierrette à Thurso.    
Guy Lafleur
Photo courtoisie
Guy Lafleur
  • Au tournoi invitation de Serge Savard, mardi dernier, Guy lapointe en était à sa première sortie depuis qu’il a été affligé par un cancer de la langue. Guy éprouve certains problèmes d’élocution, mais il lutte et ne lâche pas. Beau à voir.  
  • Tout a été vendu il y a deux semaines. L’édifice ainsi que le resto-bar Mario Tremblay d’Alma n’appartiennent plus à Mario et son beau-frère Pierre Gaudreau. Une aventure qui aura duré 41 ans.  
  • Vous verrez de moins en moins souvent José Théodore à l’aéroport. Théo pilote maintenant son propre avion, un appareil magnifique.  
  • Alain Côté et d’autres anciens Nordiques, dont Pierre Lacroix et Dave Pichette, jouent encore au hockey au moins une fois par semaine. Réal Cloutier ne veut plus rien savoir de ça.  
  • Pas gêné, ce Alex Killorn du Lightning. Il est allé se faire photographier devant le Centre Bell de Montréal avec la coupe Stanley.  
  • Le tournoi de golf de Jonathan Drouin aura bel et bien lieu le 31 août au Mirage pour la Fondation du CHUM. Claude Dubois fera le show en soirée.    
Jonathan Drouin
Photo courtoisie, Francis Paquet
Jonathan Drouin