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Survivante d’un cancer: un appel à la vigilance

Une survivante d’un cancer conseille de surveiller les symptômes

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Photo Hugo Duchaine Trois ans après sa première rentrée universitaire, arrêtée net par un cancer, Ariane Boyer s’apprête à retourner à l’UQAM.

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Une jeune survivante d’un cancer rare lance un appel à la vigilance aux symptômes subtils d’une tumeur, car la pandémie retarde le diagnostic de plusieurs patients.

« J’ai vraiment attendu trop longtemps [...], ça faisait trois ans que j’avais mal au bras », souffle Ariane Boyer, 22 ans. La Montréalaise est en rémission d’un sarcome d’Ewing, un cancer rare des os.

Fatigue persistante, faiblesse à l’avant-bras et une bosse qui gonflait l’ont finalement menée à consulter son médecin : une IRM a décelé la tumeur en 2019, juste après sa première session d’université. 

Et alors qu’elle s’apprête à retourner sur les bancs de l’école, trois ans plus tard, elle veut faire connaître les sarcomes. Ces cancers, qui apparaissent dans les tissus mous ou les os, sont souvent difficiles à trouver et surtout méconnus.

« Le symptôme principal, c’est une bosse, lance le chirurgien orthopédique Robert Turcotte. C’est souvent minimisé par le patient ou les médecins. »

Frais de la pandémie

Chez Sarcome McGill, une équipe multidisciplinaire du Centre de santé de l’Université McGill (CUSM), on ressent aussi l’impact de la pandémie. 

« Des gens ont payé les frais de la pandémie », se désole le Dr Turcotte. Les patients référés à Sarcome McGill ont été vus sans délai, dit-il, mais pour certains, le diagnostic a tardé, par peur de consulter ou à cause des retards d’examens.

Quand Ariane Boyer a su qu’elle souffrait d’un sarcome, elle n’avait aucune idée de quoi il s’agissait. 

« Je ne pouvais pas le croire », dit-elle.

Pour vaincre le cancer, on lui a retiré 13 cm d’un des deux os de l’avant-bras, le radius. 

Ses traitements de chimiothérapie ont duré un an. Presque tous les mois, elle devait passer cinq jours à l’hôpital pour les recevoir. 

Les médicaments étaient si puissants, qu’elle se sentait comme si elle avait bu « trois bouteilles de vin », confuse, avec des nausées et incapable de parler.

Décelés plus tôt

Guérie, elle est aujourd’hui déterminée à appuyer la recherche. Elle veut que plus de Québécois connaissent les sarcomes et soient au courant des symptômes. 

Aussi, elle souhaite que ces cancers, souvent microscopiques, puissent être décelés beaucoup plus tôt et que les traitements personnalisés voient le jour.

Car selon le Dr Turcotte, certains peuvent mettre 10 ans avant de découvrir un sarcome. Et pour l’instant, les médecins ont atteint un plateau.

Si l’opération est nécessaire pour enlever un sarcome, la médecine n’a pas encore complètement réussi à éviter la propagation des tumeurs, dit-il.  

QU’EST-CE QU’UN SARCOME ?  

  •  Un cancer des tissus mous ou des os  
  • Il existe différents types de sarcomes  
  • Le principal symptôme est l’apparition d’une masse ou d’une enflure  
  • Taux de survie de 80 % après cinq ans, s’il est localisé  
  • Environ 300 sarcomes sont diagnostiqués au Québec par année
       

Source : Société canadienne du cancer