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COVID-19: pour la vaccination obligatoire

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Photo AFP Un citoyen de l’État hébreu recevant une 3e dose de vaccin anti-COVID-19, à Jérusalem. L’administration de ces doses de rappel a récemment débuté, en Israël.

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L’exemple d’Israël donne froid dans le dos. Le pays a été un des premiers à vacciner jusqu’à 78 % de sa population avec le vaccin de Pfizer. Tout s’est bien passé jusqu’en avril dernier quand les premiers variants Delta du coronavirus ont été identifiés dans le pays.

Pendant les deux mois suivants, les autorités israéliennes ont cru que le vaccin de Pfizer résistait bien au variant Delta. Et puis en juillet, les cas de coronavirus ont recommencé à augmenter de manière exponentielle.

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Pire, parmi les patients atteints qui se retrouvent dans les hôpitaux, 59 % étaient pleinement vaccinés. Parmi ces derniers, 87 % avaient 60 ans et plus.

Les coupables ? Ceux qui ne se sont toujours pas fait vacciner et le vaccin lui-même, qui après plusieurs mois, perd une partie de son efficacité contre le variant Delta.

Rappelons qu’en Israël comme dans la plupart des pays du monde, l’objectif à court terme n’est pas d’enrayer le virus, mais de le contrôler, afin que les hôpitaux ne soient pas submergés de patients. Rappelons qu’il n’existe toujours pas de traitement simple et efficace contre la COVID-19.

Le gouvernement israélien a donc commencé à donner une dose de rappel aux personnes de 50 ans et plus. Malgré tout, les hôpitaux du pays risquent d’être bientôt envahis par les patients atteints du variant delta. Par ceux qui n’ont reçu aucune dose de vaccin.

La situation au Québec

Au Québec, le taux de vaccination avec deux doses atteint 66 %. Cependant, les deux doses de vaccins ont été administrées dans un intervalle plus long que celui qui a prévalu en Israël. Cet intervalle allongé pourrait procurer une meilleure protection à la population québécoise vaccinée.

Mais le problème de la population non vaccinée demeure entier. Même si ces derniers ne représentent que 25 % de la population, ils risquent d’engorger les hôpitaux parce que le variant Delta est deux fois plus contagieux que le variant initial.

Ce qui amène au problème de fond. L’obstination de certains adultes à ne pas se faire vacciner met en danger l’accès à la santé de l’ensemble de la population.

Sécurité nationale

Surgit ici la question de l’équilibre entre les droits collectifs et les droits individuels. Très clairement, en ce cas, la sécurité nationale impose que les droits individuels cèdent devant les droits collectifs.

Mais voilà, plusieurs politiciens, dont Justin Trudeau, vouent un tel culte aux droits individuels qu’ils sont incapables d’admettre que dans des circonstances exceptionnelles, les droits collectifs doivent l’emporter sur les droits individuels.

Beaucoup de juges et de juristes sacrifient à la même religion.

D’où les extraordinaires entourloupettes juridiques des gouvernements pour faire passer la vaccination obligatoire par les employeurs comme le gouvernement fédéral, les banques ou les hôpitaux. Alors qu’il serait plus logique d’imposer une vaccination obligatoire universelle au nom de la sécurité nationale.