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Les pouvoirs insidieux des Blocs séparatistes

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Le Bloc québécois va avoir de la compétition. L’Ouest canadien a également décidé d’avoir son bloc séparatiste pour pouvoir exercer un contrepoids à Ottawa. Le Maverick Party en a marre du système de péréquation favorable au Québec et du blocage des projets pétroliers. Les attentes de ce parti sont modestes pour les prochaines élections, mais il a le potentiel de faire élire encore plus de députés que le Bloc québécois.

Le calcul est simple : le Québec a 78 sièges à la Chambre des communes, alors que si l’on regroupe l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba et la Colombie-Britannique, ces provinces détiennent un total de 104 sièges. 

À trop vouloir se montrer condescendant face au reste du Canada, le Bloc pourrait bien perdre de sa superbe en convainquant des électeurs de l’Ouest canadien de voter pour un parti qui veut tout, sauf le bien du Québec.

Pas plus tard qu’en fin de semaine, la caravane du Bloc québécois s’est arrêtée dans un bazar de McMasterville. 

Un Bloc qui méprise le Canada

Le chef, Yves-François Blanchet, était tout fier de retourner face contre terre un ourson en peluche qui portait un chandail orné d’un drapeau canadien et de dire qu’il les comprenait de le vendre. De la part d’un élu qui est payé environ 240 000 $ par année par l’ensemble des Canadiens depuis 2 ans, ça ne m’a pas fait rire du tout.

Si vous étiez chef d’entreprise, accepteriez-vous que vos employés dénigrent publiquement votre marque ? Je suis fière que nos élus à Ottawa défendent les intérêts de notre province, mais j’aime que ce soit fait dans le respect de l’institution, et non à son détriment.

Un gouvernement minoritaire peut être intéressant lorsque les partis d’opposition ont à cœur le bien-être de l’ensemble des Canadiens, mais à quoi bon avoir un parti dont le seul but est de se séparer et de diviser, alors qu’il n’y a plus l’ombre d’un projet de référendum sur l’indépendance du Québec ?

Un Bloc sans avenir

Le Bloc québécois s’accroche tant bien que mal même s’il ne gouvernera jamais. Ce parti peut réussir à faire des gains uniquement lors d’un gouvernement minoritaire, et encore. Je pense qu’il est préférable de voter pour un vrai parti fédéral au sein duquel nos élus québécois peuvent au moins avoir une chance de faire partie du gouvernement qui va diriger le pays.

Deux anciens chefs du Bloc québécois l’ont d’ailleurs compris. L’ex-premier ministre péquiste Lucien Bouchard soutenait, en 2014, que la présence du parti qu’il a fondé en 1991 ne faisait que diluer le pouvoir politique du Québec. En 2019, le regretté Michel Gauthier rejoignait le Parti conservateur du Canada en affirmant que l’avenir du Bloc était derrière lui, que ce parti souverainiste ne pouvait pas s’incruster à Ottawa.

Les Québécois voteront bien pour qui ils veulent et les Albertains aussi. Mais il est clair que si le 2e bloc prenait de l’ampleur dans l’Ouest canadien, il deviendrait très difficile de faire élire un gouvernement majoritaire au Canada. Et le Bloc québécois pourrait devenir la quatrième ou la cinquième opposition ; ça ne fait pas un contrepoids très fort !

J’espère que vous aimez les élections, car avec un Parlement morcelé, nous pourrions aller aux urnes bien plus souvent. Des scrutins tous les 18 mois, ça vous tente vraiment ?