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Afghanistan: le gouvernement Trudeau vivement critiqué par les autres chefs fédéraux

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Le dossier de l’Afghanistan s’est imposé jeudi dans la campagne électorale après l’annonce de la fin de la mission des Forces armées canadiennes à Kaboul, une nouvelle vivement critiquée par les partis d’opposition.

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Quelques minutes après l’annonce de son gouvernement et l’explosion à proximité de l’aéroport de Kaboul, le premier ministre Justin Trudeau a été bombardé de questions lors d’un déplacement à Québec.

«Je comprends à quel point c’est un moment difficile pour les gens qui sont encore en Afghanistan, mais sachez qu’on ne s’arrête pas aujourd’hui. On va continuer de travailler avec des partenaires régionaux et avec nos alliés pour aider les gens en Afghanistan», a déclaré M. Trudeau.

Le chef libéral a toutefois assuré que le Canada avait profité du pont aérien temporaire mis en place par les Américains pour évacuer près de 3700 personnes du pays dorénavant contrôlé par les talibans.

«Nous avons profité de cette opportunité temporaire autant, sinon plus, que n’importe quel pays et presque tous nos alliés», a-t-il insisté.

Si cette phase d’évacuation s’est terminée jeudi matin, Justin Trudeau a affirmé que les efforts du Canada ne s’arrêteraient pas pour autant.

«Notre engagement à réinstaller plus de 20 000 Afghans au Canada dans les mois et les années à venir, notre travail pour continuer à soutenir les gens dans la région ou notre travail continu pour faire pression sur les talibans aux côtés de nos alliés internationaux pour permettre aux gens de quitter l’Afghanistan et de se mettre en sécurité au Canada se poursuivront», a-t-il dit.

«Alors que la situation sur le terrain continue d’évoluer, nous poursuivrons notre travail avec nos partenaires locaux et internationaux pour appuyer les efforts humanitaires, lutter contre le terrorisme et veiller à ce que ceux qui veulent quitter l’Afghanistan puissent le faire en toute sécurité», a ajouté M. Trudeau plus tard en soirée.

Le fédéral a d’ailleurs promis de verser 50 millions$ à l’intervention humanitaire sur place et se tient prêt à répondre aux appels des Nations Unies et de la Croix-Rouge.

Une intervention arrivée trop tard

Les chefs des autres partis fédéraux n’ont pas mâché leurs mots, parlant d’un échec.

«Nous savons que des milliers de nos alliés, des gens qui ont mis leur vie en danger pour soutenir nos troupes, sont maintenant laissés pour compte, et donc oui, il est triste de dire que le Canada a échoué et que Justin Trudeau était au courant de ce problème, connaissait les préoccupations et n’a pas agi en temps opportun», a réagi le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, en campagne au Manitoba.

«Depuis des mois, et dans certains cas depuis des années, nous poussons le gouvernement à agir, à mettre les gens hors de danger, à travailler avec nos alliés [...]. M. Trudeau a gâché des mois d’inaction et nous place maintenant dans une élection alors que la situation est chaotique. C’est déchirant et c’est une autre raison pour laquelle nous avons besoin de leadership», a soutenu le chef conservateur, Erin O’Toole.

«Ce qu’on a besoin de savoir, c’est quelle est la véritable attitude du gouvernement canadien par rapport au régime des talibans», s’est interrogé le leader du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, à Saguenay.

De son côté, la cheffe des verts a annulé ses événements du jour pour faire le point sur la situation en Afghanistan, soutenant que «l’attaque [à l’aéroport de Kaboul] était totalement prévisible».

«C’est une raison de plus pour laquelle M. Trudeau et son gouvernement auraient dû finaliser un plan il y a des mois pour assurer l’évacuation en toute sécurité des personnes ressortissantes, de leurs familles et du personnel de soutien afghan qui travaillait avec l’armée et la diplomatie canadiennes bien avant le retrait des États-Unis d’Afghanistan», a fait savoir Annamie Paul, qui était présente à Toronto.

«Je demande à tous les chefs des partis fédéraux de suspendre leur campagne pour une période de 24 heures afin que nous puissions tous concentrer notre attention sur l’Afghanistan», a invité Mme Paul par communiqué.

La mission des Forces armées canadiennes a pris fin jeudi à l’aéroport de Kaboul et la majorité du personnel a quitté les lieux.

Le retrait des troupes canadienne et internationale a été demandé par le gouvernement américain, qui souhaite libérer l’espace aérien avant la fin des opérations qui est prévue pour le 31 août.