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Afghanistan: les craintes grimpent pour les interprètes

Nazim Zakhilwal
Photo courtoisie L'Interprète, Mohammad Nazim Zakhilwal

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L’espoir de fuir les talibans s’amenuise pour un interprète afghan menacé par le groupe terroriste pour l’aide apportée aux Forces armées canadiennes qui ont quitté jeudi le pays.

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« On a encore un peu d’espoir que le Canada vienne nous chercher, parce qu’on les a assistés dans leur mission ici [en Afghanistan] et surtout parce qu’on nous l’a promis ! » lance Mohammad Nazim Zakhilwal, qui a travaillé comme traducteur pour les Forces armées canadiennes postées à Kandahar.

Terré dans la peur depuis que les talibans ont repris le contrôle du pays, il a déposé une demande le 30 juillet via un programme d’immigration spécial destiné aux ex-employés afghans du gouvernement canadien.

Mais aujourd’hui, celui qui se cache avec ses six enfants n’a toujours reçu de nouvelles d’Ottawa, comme plusieurs de ses collègues interprètes.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Sami Aoun, professeur émérite de sciences politiques à l’Université de Sherbrooke, sur QUB radio: 

Ça bouge lentement

« Le processus est vraiment très, très lent... Beaucoup plus lent que celui de certains pays comme les États-Unis ou l’Allemagne », déplore l’homme de 33 ans.

Entre le dernier vol des Forces armées canadiennes qui a quitté le pays jeudi, le double attentat-suicide revendiqué par l’État islamique et les talibans, le stress ne fait que monter pour M. Zakhilwal.

« La situation s’empire de plus en plus », s’inquiète-t-il.

Selon lui, si le Canada veut vraiment continuer d’aider les Afghans, il faudrait que le gouvernement ait une présence au Pakistan pour accueillir et aider les réfugiés.

Laissés pour compte

Jeudi, le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, a reconnu que des milliers de personnes seront laissées pour compte en Afghanistan, y compris des expatriés canadiens, des interprètes et anciens membres du personnel de soutien qui ont travaillé avec les militaires et les diplomates du Canada.

M. Garneau s’est d’ailleurs engagé à honorer les visas spéciaux accordés à ces Afghans et à leurs familles, à condition qu’ils puissent s’échapper vers des pays tiers où les vols sont plus facilement disponibles.