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Grande confusion autour du passeport vaccinal au travail

Les dirigeants de PME sont plongés dans l’incertitude et craignent d’être poursuivis

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Contrairement à ce que disait la veille son ministre de la Santé, Christian Dubé, le premier ministre François Legault croit que les employeurs pourraient exiger le passeport vaccinal à leurs employés, des propos qui ajoutent à la confusion entourant le retour au travail. 

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« Ce qu’on recommande, ce que la Santé publique recommande, c’est de rester en télétravail. Mais ceux qui veulent revenir ou qui doivent revenir pour l’efficacité de leur organisation ou de leur entreprise, c’est à l’employeur de décider comment il fonctionne », a indiqué le chef du gouvernement, hier, à l’entrée du Conseil des ministres.

Cette sortie de M. Legault survient au même moment où la Santé publique recommande aux employeurs de repousser le retour au bureau en raison de l’augmentation du variant Delta. 

Mais dans le cas où une entreprise voudrait rappeler ses employés, elle pourrait télécharger l’application VaxiCode Verif afin de surveiller le statut vaccinal de ses salariés.  

Mais ces positions changeantes du gouvernement créent de l’incertitude chez les employeurs, surtout pour les petites et moyennes entreprises (PME), qui doivent valser au gré des décisions. 

« Pour aider au maximum les entreprises, ça prend des indications claires, il faut modifier la réglementation en conséquence pour assurer qu’elles soient protégées », croit François Vincent, vice-président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, en entrevue avec Le Journal

Ce dernier rappelle que plusieurs PME ont peur actuellement de franchir une ligne sur la question de la vaccination « et de se retrouver avec des plaintes et des poursuites ». 

La situation évolue rapidement

Même son de cloche pour les bureaux d’avocats et les conseillers en ressources humaines qui reçoivent énormément d’appels provenant de patrons de PME, mais aussi de grandes organisations. 

« Le conseil qu’on a donné hier n’est plus à jour et il ne sera peut-être plus à jour dans une heure. Ça bouge très rapidement et l’état du droit n’est pas suffisamment clair actuellement. On ressent beaucoup de préoccupations du côté des employeurs », avoue Katherine Poirier, avocate associée et conseillère en ressources humaines chez BLG.

Une décision applaudie 

En outre, d’autres organisations du milieu des affaires accueillent la nouvelle comme une bouffée d’air frais alors que le retour au bureau est de plus en plus compromis.  

« On reconnaît maintenant que le passeport vaccinal est aussi un outil qui peut servir aux employeurs qui souhaitent offrir un environnement de travail sécuritaire », a souligné Michel Leblanc, PDG de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. 

« C’est une excellente nouvelle, car on demandait depuis plusieurs mois de la flexibilité et une certaine agilité pour les employeurs », a estimé Karl Blackburn, président du Conseil du patronat du Québec.

– Avec la collaboration de Charles Lecavalier, Bureau parlementaire