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Lutte aux armes à feu: les policiers dénoncent le «show de boucane» de la mairesse

La Fraternité a critiqué hier la gestion de la mairesse de Montréal en matière de lutte aux armes à feu

Yves Francoeur
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Yves Francœur
Président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal

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Au lendemain d’un incident où des agents ont été pris pour cible, le syndicat des policiers de Montréal tire à boulets rouges sur l’administration de Valérie Plante pour son « manque de leadership » dans la lutte aux violences par armes à feu.

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« Faudrait qu’on se réveille à l’Hôtel de Ville », a lancé hier Yves Francœur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, en sortant de son habituelle réserve sur la politique, à deux mois des élections municipales.

« Pour le moment, ce que la mairesse a annoncé, c’est un show de boucane, a-t-il ajouté, visiblement excédé par la situation. Elle a les moyens d’intervenir et de tenter d’améliorer les choses. Malheureusement, on n’a rien annoncé de concret jusqu’à maintenant. »

Yves Francœur se dit préoccupé par la gratuité des coups de feu ayant ciblé deux de ses membres dans la nuit de mardi, alors qu’ils sortaient du Centre universitaire de santé McGill.

« Les policiers ne s’attendent pas à se faire attaquer par un tireur embusqué, c’est inquiétant », s’est-il désolé, estimant que les agents sur le terrain risquent de plus en plus d’être blessés.

Dans un message envoyé à ses membres, la Fraternité a enjoint aux policiers d’être plus vigilants. On leur a assuré qu’on dénoncerait le manque d’effectifs et de financement.

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Manque de soutien

Même s’il répète ne pas vouloir s’ingérer dans la présente campagne électorale, on sent l’exaspération du président de la Fraternité.

« On déplore le manque de support des autorités municipales et de l’administration à l’Hôtel de Ville [...] On démontre du bout des lèvres un intérêt pour la sécurité publique, seulement à l’approche des élections », a estimé M. Francœur.

Selon lui, il est grandement temps d’investir dans la lutte aux armes à feu, en raison des nombreux événements violents qui sont survenus dans les derniers mois. Ironiquement, la Ville de Laval annonçait hier qu’elle allouait un montant de 1,2 M$ à cette fin.

« Ça prend une escouade dédiée avec une centaine de policiers. Ça prend des enquêteurs, des patrouilleurs, des analystes, a énuméré Yves Francœur. On doit malheureusement s’attendre à un phénomène qui perdure [...] des années. Nous, ce qu’on veut, c’est des moyens pour assurer la sécurité des Montréalais. »

Leadership électoral

Pour lui, la création de l’Équipe dédiée à la lutte contre le trafic d’armes ne vient que régler une partie du problème, puisqu’il y a déjà une énorme quantité d’armes entre les mains des criminels de Montréal.

D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’un ajout de nouvelles ressources.

« On a déshabillé Jean pour habiller Jacques, c’est exactement ce que l’on fait », a illustré M. Francœur. 

« Sans vouloir faire de politique, on espère qu’un candidat va prendre le leadership nécessaire pour rassurer la population. [...] Les citoyens auront à se prononcer le 7 novembre », a-t-il souligné.

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