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Blanchet tourne le dos à ses alliés sur le troisième lien

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet
Photo AGENCE QMI, THIERRY LAFORCE Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet

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En début de campagne, Yves-François Blanchet avait soigneusement fait attention de ne pas s’ingérer dans le dossier du troisième lien à Québec, il pensait pouvoir rester «neutre».

Le chef du Bloc Québécois pensait pouvoir faire campagne pendant 36 jours sans se mouiller définitivement sur le sujet.

C’était une erreur, il vient de l’apprendre. La réalité électorale l’a rapidement rattrapé, mardi, lors de son passage dans la Capitale-Nationale. Une erreur que l’ancien chef du Bloc, Gilles Duceppe, n’aurait pas commise.

Il a plaidé en faveur du projet en soulignant son aspect écologique: «J’aurais aimé ça, être dans le projet et qu’on me dise: “Es-tu capable de me rendre ça le plus écologique possible?” Parce que je suis convaincu que ça peut l’être.»

Mercredi, M. Blanchet a tenté de faire une distinction entre sa position personnelle et celle de son parti. Comment se fait-il que, lorsqu’un chef conservateur parle de sa position personnelle, les électeurs ne devraient pas le croire, mais que, lorsque c’est M. Blanchet, on devrait le croire?

Une jambette au PQ?

Normalement, le Parti québécois est l’allié naturel du Bloc québécois à l’Assemblée nationale. 

Dans les coulisses, on entend que les péquistes ne sont pas contents de la nouvelle position de M. Blanchet. 

Même dans les médias sociaux, les péquistes se font entendre. L’ancien député péquiste de Vachon, Camil Bouchard, a commenté sur Twitter la réponse favorable de M. Blanchet au troisième lien en disant: «Faut voir le grand sourire de son candidat de la Rive-Sud derrière. Je débarque.»

Une partisane de Véronique Hivon et fière indépendantiste, Marie Imalta Pierre-Lys, se dit elle aussi déçue de la nouvelle position du chef bloquiste: «Tellement déçue de la position du Bloc québécois concernant le troisième lien. Tout ça pour des votes. J’espère qu’ils ont bien compté gains vs pertes.»

Des candidats qui patinent

Le malaise se ressent aussi chez les candidats du Bloc québécois. Les pirouettes pour expliquer la position de leur chef sont assez magistrales.

La députée de Beauport-Limoilou, Julie Vignola, a mentionné sur Twitter que «la position n’a pas changé: sans évaluation du BAPE, c’est non. Sans acceptabilité sociale, c’est non».

Il faut rappeler que Mme Vignola s’est déjà prononcée contre le projet de troisième lien.

Pour la première fois de cette campagne et également depuis qu’il est chef, M. Blanchet sème la grogne dans ses rangs et chez ses alliés à Québec.

À ce moment, M. Blanchet doit se demander si le jeu en vaut la chandelle. Car, dans la région de Québec, ceux qui tiennent au troisième lien vont probablement voter pour les conservateurs. L’équipe d’Erin O’Toole a une position claire, qui tient la route, depuis le début.

Ainsi plusieurs bloquistes pourraient-ils remettre sous le nez de M. Blanchet sa position sur le troisième lien, si le parti n’atteint pas les 40 sièges souhaités ou si la formation politique enregistre des pertes.

Si le Bloc ne veut plus de son chef après la campagne, M. Blanchet pourra toujours réaliser son rêve d’être impliqué dans le dossier du troisième lien pour le rendre «plus écologique», car disons qu’il peut oublier la chefferie du PQ.