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L'Afghanistan va hanter Trudeau

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Justin Trudeau semble avoir été pris par surprise par la tenue d’une élection qu’il a lui-même déclenchée. Il n’a aucun programme, aucune carte routière. 

Des attaques trumpiennes contre Erin O’Toole sont lancées à profusion. En répondant qu’il était pro-vaccin et pro-choix en regardant directement dans les caméras, O’Toole a réussi à contrecarrer les attaques et à sortir gagnant. 

J’imagine mal que Justin Trudeau ait pensé que des avertissements de contenus manipulés seraient apposés aux tweets de son équipe, comme cela arrivait à Trump, mais c’est bien ce qui s’est passé. Trudeau aussi a refusé d’admettre l’évidence. 

EMPIÉTEMENT

Les rares fois où Trudeau a annoncé quelque chose de concret, soit il piétinait gaiement les platebandes provinciales (comme en santé), soit le public se demandait pourquoi il ne l’a pas fait durant ses six ans au pouvoir (comme l’aide promise à l’achat d’une première maison). 

Ce serait bien mal connaître la redoutable machine rouge que de penser que ça va en rester là. Trudeau arrivera aux débats bien préparé à livrer des lignes taillées sur mesure pour lui. Il y aura, finalement, un programme que l’on pourra chiffrer et analyser. La bataille va se corser.   

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COURTISER LES NPD

Les libéraux vont continuer d’essayer de convaincre les électeurs du NPD de ne pas « diviser le vote ». Cette stratégie commence à se faire sentir dans certains sondages où les libéraux avancent en grugeant du vote orange. 

Jagmeet Singh a un avantage. Cette fois-ci, les électeurs progressistes sont si tannés des libéraux, qui flashent à gauche et tournent à droite, qu’ils seront durs à convaincre. 

Trudeau a échoué dans la lutte aux changements climatiques et rompu ses engagements phares auprès des Premières Nations.

CATASTROPHE CANADIENNE À KABOUL

La promesse libérale d’une « politique étrangère féministe » a été laissée sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul. Les femmes qui ont travaillé avec nos Forces armées comme traductrices ou qui ont agi auprès de nos ONG sont en réel danger et le comportement du Canada est aussi lamentable qu’inexcusable. 

En fait, c’est ce dossier qui expose les mandats de Justin Trudeau à une analyse des plus critiques. 

Le jour même où il a déclenché les élections, il a affirmé aux Canadiens qu’il venait de revoir un breffage top-secret et que le Canada allait quand même pouvoir rapatrier 20 000 Afghans qui avaient aidé le Canada. Quelques heures plus tard, tout le monde avait compris que c’était de la vantardise vide de sens. 

Les images de membres des Forces spéciales canadiennes ignorant les supplications d’Afghans qui montraient pourtant leurs papiers leur permettant de venir au Canada, sont une honte et rejaillissent très mal sur Trudeau.

Ses bureaucrates demandaient encore des papiers et des applications tandis que tout s’écroulait. Des Afghans se faisaient dire qu’ils pouvaient amener certains membres de leurs familles, mais pas tous. Un Choix de Sophie qui donne froid dans le dos. 

UNE IMAGE, MILLE MAUX

En 2015, l’image d’un jeune garçon syrien mort sur une plage est devenue symbolique de l’incurie et du manque de compassion de Stephen Harper. Cette fois-ci, les images en provenance de Kaboul risquent d’avoir le même effet sur Trudeau.