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Jean-Marc Dalphond: une famille d’artistes

Jean-Marc Dalphond: une famille d’artistes

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Dramaturge et acteur, Jean-Marc Dalphond peut compter sur les siens pour partager sa passion pour l’art. Celui qui nous fait rire dans «Escouade 99» et dans «La tour» s’avère aussi être un grand romantique, lui qui est en couple depuis 20 ans avec Stéphanie. 

Jean-Marc, vous êtes diplômé de l’option théâtre du Collège Lionel-Groulx depuis 1999. Est-ce là-bas que vous avez rencontré Stéphanie Blais, votre conjointe?

Oui. Stéphanie y étudiait elle aussi, elle avait un an d’avance sur moi. Mais au départ, j’étais déjà avec une fille de l’Alberta. Elle et moi, nous nous sommes même mariés entre ma première et ma deuxième année d’études à Lionel-Groulx. À l’époque, je pensais que je le faisais par amour. Mais ça s’est révélé être une erreur de jeunesse. Nous nous sommes séparés trois semaines avant la fin de mes études au Collège.

Comment Stéphanie est-elle ensuite entrée dans votre vie?

J’étais coloc avec Isabelle Payant, qui était dans la même classe que Stéphanie. Nous nous croisions régulièrement, le temps d’un souper ou d’une soirée. À un moment donné, le déclic s’est fait. Je la trouvais vraiment intéressante, vraiment intelligente. Je l’ai courtisée pendant un moment. «In the Mood for Love» est d’ailleurs le premier film que nous sommes allés voir ensemble et nous en gardons encore un superbe souvenir. Parfois, nous réécoutons sa bande sonore. En avril dernier, ça a fait 20 ans que nous sommes ensemble.

Vous semblez être un grand romantique!

Pour ses 40 ans, il y a quatre ans, j’ai offert à ma blonde un voyage surprise de 10 jours à Venise. Elle enseigne le théâtre au secondaire, et ses patrons étaient mes complices! Le jour venu, ma blonde s’en allait travailler, mais elle ne trouvait plus ni ses vêtements préférés ni son parfum. Elle est venue me voir, un peu paniquée, pensant qu’il y avait eu un vol. Je lui ai répondu que non et je l’ai rassurée. Je lui ai bandé les yeux et nous sommes partis en auto vers l’aéroport. Je lui ai dit où nous nous en allions vraiment et que j’avais tout arrangé au préalable pour son travail. Ses remplaçants avaient été trouvés.

Comment avez-vous célébré vos 20 ans de couple?

Je tournais dans la deuxième saison de la série «Escouade 99» à Québec, où on m’a fourni un appartement. Stéphanie est venue m’y rejoindre. Comme les restaurants n’étaient pas encore ouverts, nous nous sommes préparé une bonne bouffe, en compagnie du plus jeune de nos deux garçons, qui était aussi de la partie.

Le pianiste de la famille, n’est-ce pas?

Nos deux fils sont pianistes mais, effectivement, Henri en est encore plus passionné. Édouard, votre aîné, va étudier en cinéma et Henri, votre cadet, excelle en piano et en musique classique.

Jusqu’à présent, avez-vous été des parents qui ont beaucoup stimulé la curiosité artistique de leurs enfants?

Déjà très jeune, Édouard adorait le cinéma. À 7 ou 8 ans, il écrivait des scénarios avec ses amis et il réalisait de petits films. Tout ça a pris une autre dimension dans la dernière année. Pour sa cinquième secondaire, il devait réaliser un projet de A à Z. Il a choisi de réaliser un film traitant de la crise des opioïdes au Canada. Il a travaillé très fort et nous sommes très fiers de lui.

Et comment la musique classique est-elle entrée dans leur vie?

Les deux ont commencé à suivre des cours de piano vers l’âge de 5 ans. Au départ, nous avions acheté un clavier. Plus tard, nous leur avons acheté un vrai piano, mais il y avait une condition: il fallait qu’ils suivent leurs cours jusqu’à la fin de leur secondaire. Ils ont accepté, sauf que la pandémie a stoppé ces cours, ce qui n’a pas empêché Henri de faire d’énormes progrès. Avant, il fallait souvent s’obstiner avec nos garçons pour qu’ils pratiquent en vue de leurs cours. Mais là, c’était plutôt le silence dans la maison que nous nous sommes mis à rechercher... (sourire) Je dirais que le réel talent d’Henri s’est aussi développé à l’aide de vidéos sur le Web. Il s’est mis à jouer du Debussy, du Chopin, etc. L’été dernier, nous avons sorti le piano à l’extérieur, et mes garçons ont donné un concert pour les voisins. Beaucoup de personnes retraitées habitent notre rue et elles s’ennuyaient. Nos fils nous ont remplis de fierté.

Sur le plan professionnel, on pourra bientôt vous revoir dans «La tour». Quant à «Escouade 99», votre personnage prendra plus d’importance au cours de la deuxième saison, n’est-ce pas?

Oui, Goudreau (Louis Champagne, NDLR) et Ravary prennent beaucoup plus de place. Ils ouvrent souvent les scènes.

Et comment est-ce de personnifier Robert, de la populaire émission «La tour»?

J’ai énormément de plaisir à l’incarner. C’est un cadeau, surtout en temps de pandémie. Plusieurs de mes amis artistes n’ont pas travaillé pendant plus d’un an, alors que moi, je travaillais toutes les semaines. Ce personnage de «La tour» fait bien rire les téléspectateurs. Certains d’entre eux m’arrêtent, lorsqu’ils me croisent, pour m’en parler.

L’acteur joue dans «Camping tout inclus, nouvelle administration», au Théâtre des Hirondelles jusqu’au 11 septembre (theatredeshirondelles.com). On le retrouvera dans «La tour», dès le 13 septembre, du lundi au jeudi à 19 h, à TVA. La chaîne diffusera aussi la deuxième saison d’«Escouade 99» en 2022.

Une pièce sur le drame de Polytechnique

Le 6 décembre 1989 a eu lieu la tuerie de l’École polytechnique de Montréal. Quatorze jeunes femmes y ont perdu la vie, dont Anne-Marie Edward, une cousine de Jean-Marc. «Avec le recul - je n’en étais pas conscient à l’époque -, le destin tragique de ma cousine n’est pas étranger à mon choix de vie. Les funérailles nationales pour les victimes avaient lieu un après-midi et, le soir même, je prenais part à mon tout premier spectacle de théâtre, à mon école secondaire. Anne-Marie a été fauchée si jeune. Je pense que cette tragédie m’a vite fait comprendre que la vie est courte et qu’il faut foncer dans ce qui nous attire vraiment.»

Il écrit présentement une œuvre théâtrale, inspirée entre autres par cette tragédie, avec la comédienne Marie-Joanne Boucher. «La pièce sera présentée en 2023.»