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Sécurité publique: un signal de réveil s’impose

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Montréal a toujours été réputée comme une ville sécuritaire et paisible. Rares sont les métropoles d’une telle envergure où l’on retrouve un tel sentiment de sécurité à toute heure du jour ou de la nuit. On oublie parfois que cette situation exceptionnelle ne doit jamais être tenue pour acquise. J’ai bien peur qu’on perde ce sentiment de sécurité, une des plus grandes richesses de Montréal.  

En effet, bien que la criminalité diminue de manière générale, les incidents violents se multiplient sur le territoire de Montréal depuis plusieurs mois. C’est inquiétant ! On ne veut pas se retrouver dans la même situation que d’autres grandes villes nord-américaines qui sont le théâtre fréquent de fusillades entre bandes criminelles rivales. 

J’ai sonné le signal d’alarme à plusieurs reprises. Tous les coups de feu qui ont été tirés dans les rues de Montréal au cours des derniers mois l’ont été avec des armes illégales. Que fait l’administration Plante pendant ce temps ? Elle demande à Québec et à Ottawa... de rendre illégales des armes déjà illégales. On croit rêver, mais ce rêve risque bientôt de devenir un cauchemar.  

Il faut se réveiller.

La sécurité publique est une question « complexe », donc composée d’éléments différents et imbriqués. S’attaquer à ces questions de manière simpliste conduira nécessairement à un échec. C’est pourquoi, lors du mandat de mon administration de 2013 à 2017, j’ai créé un agenda de vigilance et du vivre ensemble composé de plusieurs éléments-clés : politique de l’enfance, Centre de prévention contre la radicalisation menant à la violence, escouade contre les crimes haineux, politique de l’itinérance, Bureau de l’Inspecteur Général (B.I.G), Bureau d’Intégration des nouveaux arrivants de Montréal (BINAM) et bien d’autres encore. 

Toutes ces mesures en amont de la criminalité visaient à ce qu’il n’y avait pas de laissés-pour-compte à Montréal. Sous mon administration, le SPVM avait mis en place une unité multidisciplinaire (Crimes de violence) dont le mandat était d’enquêter spécifiquement sur les tentatives de meurtre, les fusillades, les armes à feu, les invasions de domicile, le trafic de stupéfiants, le proxénétisme, etc. Cette unité a fait passer le nombre d’enquêteurs de 40 à 80 pour lutter contre ces crimes de violences. 

Graves inquiétudes

Si Montréal est une ville sécuritaire, le mérite en revient en grande partie à son corps de police et à la qualité de ses membres, on oublie souvent de le souligner. Mais si nos effectifs policiers n’ont pas la confiance de l’administration municipale, les conséquences pourraient être désastreuses. 

On s’en va dans la mauvaise direction.  

En mars 2019, la nouvelle direction du SPVM a décidé d’abolir l’unité « Crimes de violence », sans créer de nouvelle entité pour remplir ce rôle. Imitant la structure de la SQ, le SPVM s’en est remis à une équipe d’enquêteurs-stupéfiants déjà en place, sans aucun moyen pour contrer ni prévenir les crimes de violence des gangs de rue et des groupes émergents. 

Cela m’inquiète au plus haut point. L’administration actuelle tergiverse avec la possibilité de définancer et de désarmer la police, au moment même où il manque près de 250 effectifs au SPVM. (84 

policiers(ères) de moins qu’en 2017). La mairesse actuelle soutient encore la candidature de M. Will Prosper, l’un des plus ardents contestataires du travail des policiers à Montréal et même si elle s’en défend, il est un véritable promoteur du définancement et désarmement de Projet Montréal. Ils ont choisi leur base militante plutôt que la sécurité des gens. Comment s’attendre à ce que les criminels respectent les forces policières quand les élus eux-mêmes ne les respectent pas ? 

Les solutions existent.

Pour s’attaquer à un problème aussi complexe, il faut d’abord adopter une pensée globale. Le crime n’a pas de frontière : pour y faire face, il faut des escouades mixtes, agiles et où l’information est échangée en continu. Ces escouades doivent être constituées de policiers du SPVM, de la SQ, de la GRC et aussi de corps de polices autochtones en raison des enjeux de contrebande d’armes à la frontière, notamment sur le territoire d’Akwesasne. Elles doivent être soutenues par des travailleurs sociaux, des anthropologues, des criminologues, des organismes communautaires, pour que les interventions à court terme se traduisent par des résultats à long terme. 

Tout cela ne relève ni de Québec, ni d’Ottawa. Tout cela relève du courage dont doit faire preuve une administration municipale qui protège la sécurité de ses citoyens, afin de leur offrir la qualité de vie qu’ils méritent au sein d’une ville accueillante et prospère. Actuellement cette administration est complètement dépassée par les événements. Il faut ramener le sentiment de sécurité dans notre magnifique métropole au plus vite. Le vivre-ensemble exige un agenda de vigilance tant préventif que coercitif pour le mieux-être de notre communauté et surtout les moyens réels pour y parvenir. Un réveil s’impose.  

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