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Tests COVID des voyageurs: Dynacare enrage les Québécois

Le fédéral affirme être au courant des difficultés rencontrées par les voyageurs

Normand Chateauneuf
Photo Chantal Poirier Normand Châteauneuf déplore un « manque flagrant de coordination et de compétence de la part de Dynacare ». Cette dernière s’est vu confier par Ottawa le mandat de gérer les tests de COVID-19 que doivent subir les voyageurs dans les aéroports du pays.

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Après Switch Health, c’est maintenant au tour de Dynacare de subir les frondes de Québécois outrés de la façon dont l’entreprise ontarienne s’acquitte du mandat de gestion des tests COVID pour voyageurs qui lui a été confié.

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« On s’attend à tout. Mais je vous dis : c’est du gros n’importe quoi », a résumé hier Normand Châteauneuf, encore découragé de la façon dont ses examens de dépistage ont été gérés depuis son retour de France, il y a deux semaines.

Depuis le 9 août, le gouvernement fédéral a confié à Dynacare le mandat de gérer, au Québec, les tests COVID des voyageurs arrivant de l’étranger. Ce mandat était confié jusque-là à Switch Health, une compagnie visée par des enquêtes du Commissariat aux langues officielles.

Après huit jours de confinement, Santé Canada exige que les voyageurs non vaccinés procèdent eux-mêmes à un test COVID depuis leur domicile. Ce test doit être exécuté sous le regard attentif du personnel de Dynacare, qui accompagne à distance chaque patient par l’intermédiaire d’une plateforme de visioconférence.

« C’est insultant de passer ses journées au téléphone pour quelque chose d’important, surtout lorsque rien n’aboutit, se plaint M. Châteauneuf. Comment voulez-vous passer ce test si on ne peut même pas obtenir de rendez-vous ? »

Normand Chateauneuf
Photo Pierre-Paul Poulin

Huit heures d’attente

Au cours des dernières semaines, Le Journal a reçu des dizaines de messages de Québécois qui ont connu des désagréments similaires. 

« Ça m’aura pris quatre heures d’attente au téléphone et deux jours de tentatives par internet pour réussir à avoir un rendez-vous, raconte un autre qui préfère taire son nom. Lorsque j’ai finalement réussi à en obtenir un, j’en étais à mon dixième jour ! Ce n’est pas sérieux. »

C’est aussi l’avis d’Andrea Cestaro, revenue d’un séjour de dix jours à San Francisco avec son fils de huit ans. À 10 heures, le jour convenu, la mère est devant l’écran avec son fils. Mais aucun employé de Dynacare n’est au rendez-vous... Après une journée perdue au téléphone à tenter de comprendre ce qui se passait, ce n’est que huit heures plus tard qu’elle réussit à obtenir l’assistance d’une infirmière pour passer ce test obligatoire.

« Mon fils a réussi à passer le test parce que j’ai pu prendre le temps d’aller jusqu’au bout. Mais que font tous ceux qui ne peuvent perdre une journée au téléphone comme je l’ai fait ? Combien de parents peuvent faire cela ? Devrais-je m’inquiéter pour mon fils qui retourne à l’école dans quelques jours ? »

Elle comprend la frustration

Jointe par Le Journal, la direction de Dynacare dit comprendre la frustration des voyageurs qui ont pu connaître de telles expériences. 

« Des difficultés inattendues se sont présentées lors de la réouverture des frontières, a fait valoir son porte-parole, Mark Bernhardt. Nous ajustons donc nos opérations pour nous assurer que les personnes qui ont besoin de notre service [...] puissent l’obtenir rapidement et efficacement. »

Dynacare dit travailler à l’embauche de travailleurs supplémentaires pour faire face à la hausse du nombre de voyageurs. Elle encourage aussi ces derniers à s’enregistrer sur leur site web, ce qui leur permettrait de fixer un rendez-vous.

Par courriel, Services publics et Approvisionnement Canada a dit être au courant des difficultés des clients de Dynacare.

« Nous collaborons étroitement avec Dynacare et avec l’Agence de la santé publique du Canada afin de corriger rapidement la situation et de réduire les délais d’attente. »

Dynacare en bref  

  • Création : 1959 
  • PDG : Vito Ciciretto 
  • Siège social : Brampton, Ontario 
  • Nombre d’employés : 3000, dont 300 au Québec 
  • Propriété depuis 2002 de LabCorp, anciennement Roche BioMedical 

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