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Le bulletin des chefs: Erin O’Toole poursuit sur sa lancée

Le chef libéral et premier ministre sortant, lui, poursuit avec une deuxième semaine difficile, selon nos experts

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D’ici le grand jour du scrutin, le 20 septembre, Le Journal vous propose, chaque samedi, un bulletin dans lequel trois experts évaluent la performance des chefs de partis fédéraux qui font campagne pour gagner la confiance des électeurs. Lequel mérite la meilleure note ? Qui s’est démarqué ? Voici un aperçu de leurs meilleurs et de leurs moins bons coups de la semaine.

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Nos experts 

Photos courtoisie

Mireille Lalancette

Professeure titulaire en communication politique à l’Université du Québec à Trois-Rivières, elle s’intéresse, notamment, à l’image des politiciens, à leur utilisation des réseaux sociaux et au traitement médiatique des candidats masculins et féminins. Ses écrits sont publiés dans plusieurs publications scientifiques à travers le monde. Elle fait aussi partie du groupe de recherche en communication politique.

Bernard Motulsky

Professeur au département de communication publique et sociale de l’Université du Québec à Montréal, il est aussi auteur et conférencier, en plus d’être titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l’Université du Québec à Montréal.

Eric Montigny

Directeur des programmes de 2e et 3e cycles en science politique et professeur agrégé au département de science politique à l’Université Laval, il est aussi directeur scientifique de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires et chercheur associé au Groupe de recherche en communication politique. 

Justin Trudeau    

  • ML : 3,5/5  
  • BM : 3/5  
  • EM : 2,5/5  
Photo d'archives, Agence QMI

« Il a connu une semaine plus difficile que la précédente, constate Eric Montigny. Souvent, à la deuxième semaine de campagne, ce sont des candidats moins connus qui font dérailler la campagne nationale. Cette fois-ci, c’était des ministres : Mme Freeland avec son tweet et la déclaration de Mme Monsef sur “nos frères, les talibans”. »

La crise en Afghanistan « a pris beaucoup de poids dans l’actualité », remarque M. Montigny. « Son double chapeau de chef du gouvernement et de chef de parti, ça lui complique la tâche », souligne Bernard Motulsky.

M. Trudeau n’a pas réussi à contrôler l’agenda politique, observe Mireille Lalancette. C’est plutôt François Legault qui l’a fait. « La lune de miel, s’il y en a eu une avec M. Legault, semble finie », estime M. Motulsky. 

Erin O’Toole    

  • ML : 4/5  
  • BM : 4/5  
  • EM : 4/5  
Photo d'archives, Agence QMI

Erin O’Toole « continue à se présenter comme l’homme de la situation », constate la professeure Lalancette. Malgré la remontée du chef conservateur dans les sondages, « ce n’est pas gagné », considère-t-elle. Mais cela lui donne « le vent dans les voiles », ce qui aide à donner confiance aux troupes.

« Il poursuit sur sa lancée de la semaine précédente. Il suit son plan de campagne », a résumé pour sa part M. Montigny.

M. O’Toole semble avoir réussi à positionner le Parti conservateur comme « un allié du Québec », remarque Bernard Motulsky. Son parti devient de plus en plus une option pour ceux qui ne veulent plus des libéraux, ce qui n’est pas évident à combattre pour les bloquistes. 

Jagmeet Singh     

  • ML : 3/5  
  • BM : 3,5/5  
  • EM : 3,5/5  
Photo courtoisie

Au Québec, comme ailleurs au Canada, M. Singh n’a pas réussi à obtenir beaucoup de visibilité, cette semaine, observe M. Motulsky. « Il défend les positions plus centralisatrices du NPD », note le professeur.

Au Québec, on remarque que le chef néo-démocrate laisse plus de place à son seul député sortant, Alexandre Boulerice, mais ce dernier pourrait bientôt avoir besoin d’aide s’il veut conserver son siège.

Ses messages sont clairs, il consolide ses appuis en Ontario et en Colombie-Britannique, mais au Québec, il se heurte aux visions autonomistes de M. Legault, remarque M. Montigny. « Pourquoi dépenser autant d’énergie dans l’Ouest, alors qu’ils ont peu de chances de se faire des gains en Alberta, par exemple ? », demande Mme Lalancette. 

Yves-François Blanchet    

  • ML : 3/5  
  • BM : 3,5/5  
  • EM : 3/5  
Photo d'archives, Agence QMI

Le chef bloquiste « a fait une gaffe » en modifiant sa position sur le troisième lien, juge Mireille Lalancette. « Présenter le troisième lien comme étant un projet vert, ça ne fonctionne pas », considère-t-elle. Ce changement de cap a créé de la division dans ses propres rangs.

Ce « grand écart » sur le projet de tunnel Québec-Lévis, M. Motulsky doute que ce soit payant pour les bloquistes. Les conservateurs deviennent leurs principaux concurrents, en se rapprochant des positions du gouvernement du Québec.

Pour M. Montigny, la position originale du Bloc dans le dossier du troisième lien n’était tout simplement « pas réaliste », ce qui a miné sa crédibilité. « Il aurait eu intérêt à clarifier sa position dès le début. » 

Annamie Paul, absente 

Nos experts constatent que contrairement à sa prédécesseure, Elizabeth May, la nouvelle cheffe du Parti vert du Canada, Annamie Paul, n’arrive pas à faire parler d’elle au Québec. Très peu également au Canada, sauf peut-être dans sa propre circonscription, Toronto-Centre.

« Son enjeu, c’est de garder son siège. Les chicanes à l’intérieur de son parti n’ont sans doute pas aidé à se préparer à faire campagne », croit M. Motulsky.

« On ne sent pas qu’il y a vraiment une campagne nationale de la part du Parti vert, note M. Montigny. C’est dommage, parce que Mme Paul, c’est une femme brillante, qui est intelligente », souligne Mme Lalancette.