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On n’est pas sortis du bois, loin de là!

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Il faudra s’y faire et arrêter de parler de l’ère post-pandémie prématurément.

Après plus de 18 mois avec la COVID-19, tout le monde est épuisé, et avec le variant Delta, la guerre a changé. C’est loin d’être pour le mieux.

J’ai profité d’un tête-à-tête avec le grand patron de l’entreprise pharmaceutique Moderna, de passage à Montréal, pour discuter de la trajectoire de la pandémie. Selon Stéphane Bancel, ce n’est pas avant la fin de 2022 qu’on verra le bout du tunnel. 

« La COVID ne va pas disparaître. C’est un virus avec lequel nous allons devoir vivre. [...] On pense que le Delta va encore évoluer », m’a-t-il expliqué.

Nous traversons peut-être la partie la plus complexe de la pandémie. Environ le quart de la planète est entièrement vacciné (73 % des 12 ans et plus au Canada). Cette immunité n’est clairement pas suffisante pour mettre fin à la pandémie dans sa forme actuelle.

Mais rien ne sert de s’avouer vaincus, insiste M. Bancel. D’ici un an et demi, « ce sera comme la grippe, on va vivre avec, et très peu de gens seront hospitalisés ».

Économie

D’ici là, l’économie va continuer de subir les soubresauts de la pandémie. Dans une note publiée cette semaine, l’économiste principal chez Desjardins, Benoit Durocher, prévoit que le taux de chômage ne reviendra au niveau prépandémique qu’en 2023 au Canada. À l’échelle mondiale, la quatrième vague perturbe le transport de marchandises, force la fermeture d’usines, accentue le phénomène de pénuries et fait grimper l’inflation.

Il est inquiétant de voir Toyota réduire sa production de véhicule de 40 % en septembre, simplement parce qu’on manque de pièces. Il est préoccupant de voir la Chine fermer partiellement le port de Ningbo, le troisième au monde, après la découverte d’un cas de COVID-19. Il s’agit d’un sérieux coup pour les chaînes d’approvisionnement.

Pendant ce temps, le tourisme mondial continue de souffrir. L’Europe jongle avec l’idée de refermer ses frontières. Au Québec, on retarde le retour au bureau des fonctionnaires, et les centres-villes continuent de souffrir. Dans les bars, on nous interdit toujours de chanter ou de danser. On est loin de vivre à l’ère de la « post-pandémie » !

Pas que les non-vaccinés

Nous ne serons jamais assez prudents face à un virus invisible et sournois. Néanmoins, il est légitime de poser la question suivante : est-ce que nous utilisons tous les outils à notre disposition pour atténuer les impacts de la pandémie ? Parce que, soyons réalistes, avec encore une bonne année de pandémie à affronter, il faudra être pas mal plus proactifs.

Est-ce normal qu’à la rentrée scolaire de nos jeunes, les directions d’école n’aient aucun détail sur les tests rapides promis par le ministre de l’Éducation ? Franchement, cela manque de sérieux. Des milliers de ces tests sont entassés dans des entrepôts depuis des mois. Les employeurs commencent déjà à anticiper une montée en flèche de l’absentéisme des papas et des mamans.

Ces jours-ci, on entend beaucoup de la quatrième vague qu’elle « sera celle des non-vaccinés ». C’est faux. L’inflation, les pénuries, l’endettement et les restrictions n’épargnent pas ceux qui sont adéquatement vaccinés.