/entertainment/tv
Navigation

La SAQ à travers les décennies

La SAQ à travers les décennies
Photo d'archives, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Pour accompagner le centenaire de la SAQ, Francis Reddy a voulu remonter le temps en racontant la relation que le Québec a entretenue avec le vin et l’alcool au cours de toutes ces décennies, à travers le documentaire SAQ : 100 ans d’histoire.

La plus grande surprise de l’animateur est de voir combien la SAQ a été un miroir de la société à toutes les époques. «Quand la société québécoise a changé, vers la fin des années 1960 avec la Révolution tranquille, la SAQ a aussi fait une évolution. Notre éducation et notre curiosité envers les vins, les eaux-de-vie ou la bière se sont développées de façon graduelle, en lien avec l’évolution de la Commission des liqueurs. La société a longtemps eu dix ans d’avance sur l’organisation gouvernementale, mais c’est de moins en moins le cas», relate M. Reddy. 

Selon lui, le phénomène est assez unique au Québec, car, contrairement aux autres provinces, on a nationalisé l’alcool en 1921, non pas pour fermer totalement le robinet, mais pour garder le contrôle de la consommation. Ce double mandat a d’ailleurs alourdi le fonctionnement de la société d’État. 

«Jusqu’en 1971, la Régie des alcools du Québec était organisée par une seule loi, qui lui donnait la responsabilité de vendre les bouteilles, mais aussi d’être la police de la consommation. À ce moment-là, le gouvernement a décidé de faire deux lois distinctes, et la SAQ est devenue la société qui vendait des alcools. Ça a permis un mouvement d’ouverture de l’offre», ajoute-t-il. 

Amour/haine

Depuis la fondation de la Commission des liqueurs, les Québécois ont toujours entretenu un lien mitigé avec cette institution avec laquelle, s’ils sont amateurs de vins ou de spiritueux, ils n’ont pas le choix de transiger. 

«On l’évoque dans le documentaire, la question est toujours de savoir si la SAQ était privatisée, est-ce que ce serait mieux? En Alberta, ils ont privatisé, mais ce n’est pas vrai que les prix ont baissé et, surtout, il y a beaucoup moins d’informations et de conseils. Ce sont des questionnements sans réponses pour le futur.» 

Francis Reddy raconte aussi que la SAQ a fait un effort considérable, dans les dernières années, pour rester à l’écoute des envies des clients. «Ils vont surtout sonder auprès des restaurateurs ce qui va être dans la tendance. La SAQ essaie de bouger rapidement. Par exemple, toutes les microdistilleries ont désormais des ouvertures pour vendre leurs produits, alors que les portes étaient fermées avant. Il y a aussi eu une évolution dans l’importation privée. N’importe qui a le droit aujourd’hui de faire venir du vin en payant les frais afférents.» 

La preuve est qu’il y avait 350 produits à la Commission des liqueurs en 1921, et qu’il y en a aujourd’hui plus de 15 000. 

Production locale

S’il y avait déjà des vignerons au XIXe siècle au Québec, une seconde génération s’est installée plus récemment. Le documentaire revient aussi sur leur croisade avec la SAQ. 

«J’ai notamment fait une entrevue avec Charles-Henri de Coussergues, qui a fondé le vignoble de l’Orpailleur, qui nous parle de la naissance de cette génération de vignerons et de leur combat mené pour que leurs produits se retrouvent à la SAQ.» 

Le documentaire SAQ : 100 ans d’histoire sera diffusé le samedi 4 septembre prochain, à 21 h, à Historia.