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Le manque de places en garderie est un problème collectif

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En lisant le dossier du Journal sur la crise du manque de places en garderie, je constatais à quel point nous sommes collectivement mal pris avec cette situation.

Ça me concerne personnellement, comme des dizaines de milliers d’autres parents partout au Québec. Ma blonde et moi avons trouvé pour notre bébé une place non subventionnée dans une garderie qui nous semble excellente, mais ça va nous coûter 47 $ par jour. On en a les moyens, mais ce n’est vraiment pas le cas de tout le monde.

Rattrapage

Ça concerne l’ensemble de la collectivité, également, alors que l’on parle sans arrêt de pénurie de main-d’œuvre ces temps-ci. Partout au Québec, il y a des infirmières, des préposées aux bénéficiaires et des technologues de toutes sortes qui ne pourront pas retourner au travail faute de services éducatifs pour leurs enfants.

Depuis 25 ans, l’un des principaux facteurs de développement économique du Québec par rapport au reste du Canada a été l’augmentation de la participation des femmes au marché du travail permise par la création des garderies à prix modiques. Qu’il manque encore 50 000 places un quart de siècle plus tard et que l’écart se creuse encore, ça nous fait mal, collectivement.

Il faut faire plus

Mon ancienne patronne, Pauline Marois, me racontait souvent à quel point la question des garderies était jadis perçue comme « un problème de bonnes femmes » par plusieurs de ses collègues ministres. Aujourd’hui, même si cette opinion rétrograde s’entend encore, on peut sans contredit affirmer que ça ne concerne pas seulement les mamans, mais aussi les papas comme l’ensemble de la société.

Le ministre Mathieu Lacombe nous a offert de bonnes nouvelles qui nous changeaient des faux-fuyants habituels en annonçant la création de 9000 nouvelles places d’ici deux ans. C’est très bien, mais il faudra faire beaucoup plus, comme convertir des garderies privées en CPE et investir davantage dans la formation et les conditions de travail des éducatrices.