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La Louisiane face aux dégâts «catastrophiques» de l'ouragan Ida

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Électricité coupée, rues inondées, toits arrachés... les habitants de Louisiane mesuraient lundi l’ampleur des dégâts causés par le passage de l’ouragan Ida, son gouverneur les qualifiant de «catastrophiques».

Première conséquence très tangible des rafales d’Ida: plus d’un million de foyers étaient toujours sans électricité lundi soir, selon le site spécialisé PowerOutage.US. 

Charriant des vents de 240 km/h, Ida a frappé directement les côtes de la Louisiane dimanche.

«Les dégâts sont vraiment catastrophiques», a déploré son gouverneur John Bel Edwards à la chaîne NBC. Au moins deux personnes ont été tuées, la première par la chute d’un arbre dans le bourg de Prairieville et la deuxième en essayant de traverser une route inondée à la Nouvelle-Orléans.

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Peggy Somers-Feehan, directrice générale du CODOFIL en Lousianne, sur QUB radio: 

Appuyée par la garde nationale, l’agence américaine de gestion d’urgence (FEMA) a dépêché plus de 5 200 personnes pour venir en aide aux sinistrés, a assuré le Pentagone.

L’assistance fédérale continuera «aussi longtemps qu’il le faut», a souligné le président Joe Biden lors d’une réunion avec des responsables de la FEMA ainsi que les gouverneurs et maires des communes affectées.

Dans la ville de LaPlace, à l’ouest de la Nouvelle-Orléans qu’Ida a frappée de plein fouet, des membres de la garde nationale se sont ainsi attelés à sauver des habitants prisonniers des eaux toute la journée, aidés par plusieurs hélicoptères, des camions et des bateaux.

Getty Images via AFP

«Nous étions une quinzaine dans un hôtel» le soir de l’ouragan, raconte à l’AFP Jonathan Guity, 30 ans, un bébé dans les bras, qui vient d’être secouru par un hélicoptère. 

«Il y avait beaucoup de vent et quand on voulu sortir de l’hôtel le lendemain, il y avait trop d’eau», au moins deux mètres poursuit-il. 

Les dégâts étaient plus limités dans le centre historique de la Nouvelle-Orléans plus grande ville de Louisiane où certains sont sortis dans la rue, défiant les injonctions des autorités à rester chez soi, face au risque de crues soudaines, ou d’électrocution. 

Craig Anderson, 67 ans, inspectait notamment lundi sa voiture rouge dont le pare-brise a été endommagé par la chute d’une grosse tuile. «J’ai de la chance, je n’étais pas à l’intérieur (du véhicule)», lance-t-il auprès de l’AFP.

Un ouragan en chasse un autre

Stations-service détruites, camions retournés, maisons et routes submergées: autant de scènes de désolation devenues tristement redondantes, dans cet État du Sud des États-Unis, où un ouragan en chasse souvent un autre. 

Mais avec le réchauffement de la surface des océans, les tempêtes deviennent plus puissantes, alertent les scientifiques. Elles font notamment peser un risque de plus en plus important sur les communautés côtières.

AFP

Et tous ont encore à l’esprit le douloureux souvenir de Katrina, ouragan qui avait touché terre le 29 août 2005, en Louisiane, 16 ans jours jour pour jour avant l’arrivée d’Ida. Plus de 1 800 personnes avaient péri et les dégâts s’étaient comptés en milliards de dollars.

«J’étais là il y a 16 ans pour Katrina, le vent semblait pire cette fois-ci», confie à l’AFP Dereck Terry, 53 ans. «Mais les dégâts sont moins importants, j’ai l’impression», juge l’homme au t-shirt à l’effigie de Superman, un parapluie à la main.

Les compagnies d’assurance estiment en effet que l’ouragan Ida a causé pour 15 à 20 millions de dollars de dommages, selon des estimations préliminaires. 

Rétrogradée en dépression tropicale lundi soir, Ida fonçait désormais au-dessus du Mississippi, l’un des États les plus pauvres des États-Unis, menacé d’inondations.

Une Québécoise échappe in extremis à l’ouragan Ida   

Une Québécoise qui se trouvait à La Nouvelle-Orléans a réussi à fuir de toute urgence l’ouragan Ida, mais avec beaucoup de difficultés, alors que la violente tempête a surpris la population en passant très rapidement d’une catégorie 1 à une catégorie 4.

Justine Laurence Audet se trouvait en vacances dans une auberge de jeunesse lorsqu’un premier courriel reçu le 27 août l’avertissait de préparer un plan d’évacuation. À ce moment, les évacuations se faisaient de façon volontaire. 

«Les locaux à qui l’on parlait nous disaient: ''pas de stress, inquiétez-vous pas, c’est catégorie 1''. On n’était pas du tout stressé, jusqu’à ce qu’on reçoive tous l’alerte en même temps, et là on n’avait plus d’autres choix. Tout le monde s’est rué à l’aéroport en même temps», raconte Justine Laurence Audet en entrevue à Mario Dumont. 

Écoutez son entrevue ici : 

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