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Le béni-oui-oui de François Legault

Yves-François Blanchet
Photo d'archives Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, lors d’un passage à Québec.

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Désolée pour les candidats du Bloc québécois qui travaillent très fort en ce moment pour se faire élire dans leur circonscription, ce n’est rien de personnel avec eux, mais leur chef a une fois de plus démontré cette semaine que leur formation politique est devenue impertinente à Ottawa.

À quoi ça sert de voter pour un parti dont le chef n’a aucune colonne vertébrale et que sa seule raison d’exister est de dire oui, oui, à tout ce que demande François Legault, sans avoir le pouvoir de lui donner. Je veux bien admettre que le premier ministre du Québec est populaire dans les sondages, mais il y a des limites à se prosterner devant un élu provincial.

Yves-François Blanchet se plaît à dénigrer tout ce qui représente le Canada dans l’espoir qu’un jour le Québec devienne un pays, mais en même temps, il renie les idées de sa propre famille politique, le Parti québécois, qui est le seul parti à avoir ouvertement les mêmes ambitions que lui.  

Dans l’espoir de faire des gains politiques à Québec en tentant de s’attirer les électeurs de la CAQ, le chef du Bloc a eu le culot de faire un virage à 180 degrés sur le projet actuel du 3e lien, disant y être plutôt favorable et d’y voir le potentiel écologique

Je veux bien personnellement être en faveur d’un troisième lien socialement acceptable avec un projet raisonnable, mais de voir un potentiel écologique à ce projet monstre d’autoroute à six voies sur deux étages, il y a des limites à exagérer.

Que le Parti conservateur soit prêt à s’engager dès maintenant à payer 40 % de la facture du 3e lien sans avoir vu les détails de ce projet pharaonique me surprend un peu moins, étant donné que les conservateurs ont appuyé le projet dès le début. Toutefois, pour un parti qui prétend avoir les finances publiques à cœur, je trouve qu’ils sont vite en affaire de s’engager à faire un chèque en blanc.  

Mais revenons au Bloc québécois, parce qu’il est le seul parti « fédéral » à dire oui à toutes les demandes de François Legault. C’était le cas également lors de la campagne de 2019. Je repense à l’ensemble de ses candidats et je me dis à quoi ça sert de vouloir représenter un parti qui ne fait que porter la voix du gouvernement provincial. Pour ceux qui seront élus, voici à quoi ressembleront leurs débats au sein du caucus. 

-M. Legault a demandé ça, nous allons travailler pour ça. Vous êtes contre ? Ce n’est pas important, M. Legault a dit que c’est ça qu’il voulait.  

-Oui, mais M. Blanchet, les autres partis à l’Assemblée nationale sont contre et c’est également ce que j’entends dans ma circonscription.

-Ça n’a pas d’importance, tout ce qui compte, c’est ce que demande François Legault. Nous sommes ici pour porter sa voix à Ottawa.

Le premier ministre du Québec a-t-il à ce point besoin d’un messager ou d’un porte-voix à Ottawa ? J’en doute fort. Ce serait l’infantiliser. Il est assez grand garçon pour transmettre ses messages lui-même.