/finance/business
Navigation

Ottawa au courant des désertions depuis 2017

Des travailleurs guatémaltèques fuient les fermes

Le bloquiste Gabriel Ste-Marie.
Photo tirée d’Instagram Le bloquiste Gabriel Ste-Marie.

Coup d'oeil sur cet article

Ottawa savait depuis 2017 que plusieurs travailleurs étrangers temporaires désertaient leur employeur et travaillaient illégalement à Montréal ou tentaient d’entrer aux États-Unis. 

• À lire aussi: Des transporteurs d’ici tassés au profit d’étrangers par IGA

• À lire aussi: Immigration: le Bloc québécois veut rapatrier tous les pouvoirs à Québec

• À lire aussi: Une hausse du nombre de désertions parmi les employés guatémaltèques

Lundi, Le Journal a rapporté qu’une quarantaine de travailleurs guatémaltèques ont fui leur employeur de Saint-Côme lors des dernières années, une situation dénoncée par la propriétaire de l’entreprise qui les embauche et qui a tout tenté pour les retrouver. 

Le député bloquiste sortant de cette circonscription, Gabriel Ste-Marie, qui avait été mis au courant du dossier, avait averti les autorités fédérales il y a quatre ans. 

« Je suis bien choqué que la situation ne soit pas réglée. En février 2017, j’avais déjà interpellé le ministre de l’Immigration. Même chose en 2019. J’ai encore réécrit au ministre aujourd’hui. Il y a vraiment un problème, ça ressemble à un aveuglement volontaire des autorités fédérales », analyse M. Ste-Marie. 

Ministère fédéral en déroute

Selon ce dernier, le ministère de l’Immigration n’est plus fonctionnel et croule sous les dossiers. 

« Il y a un gros coup de barre à donner au ministère », croit M. Ste-Marie. 

Même son de cloche pour Alexandre Boulerice, chef adjoint au NPD, qui espère qu’un ménage sera fait au sein des programmes de travailleurs étrangers. 

« C’est un phénomène qui est inquiétant et qui est appelé à augmenter. On devrait donner plus d’assurance à ces travailleurs, plus de stabilité, et leur accorder une résidence permanente. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, on a besoin d’eux », a assuré M. Boulerice lors d’une entrevue avec Le Journal.  

Le Journal a tenté d’obtenir la réaction du ministre fédéral de l’Immigration, Marco Mendicino, mais sans succès. 

  • Écoutez l'entrevue de Benoît Dutrizac avec Chantal Morin, présidente de Pigeon 2006, sur QUB radio:

Des vérifications de Québec 

De son côté, le ministre québécois du Travail, Jean Boulet, a affirmé que le dossier mis au jour par Le Journal est « troublant » et « qu’aucun abus ne sera toléré ». 

« J’ai demandé au comité tactique responsable des agences de placement et du travail au noir de faire les vérifications qui s’imposent. Le comité est composé de la CNESST, de Revenu Québec, de la SQ et de mon ministère. Nous collaborerons avec les autorités fédérales le cas échéant », a indiqué M. Boulet. 

À VOIR AUSSI