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REM: inquiétude pour le Quartier chinois

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L’arrivée du REM inquiète le Groupe de travail sur le Quartier chinois, qui craint que l’installation d’une station au coin du boulevard René-Lévesque et de la rue Saint-Urbain puisse porter atteinte à «l’intégrité de son milieu vivant et construit».

Le Groupe craint tant l’idée d’une structure aérienne que celle d’un tronçon souterrain qui entraînerait la fermeture de la rue Jeanne-Mance. Selon ses membres, le projet entraînerait de nombreuses répercussions négatives pour le Quartier chinois, dont la création de barrières physiques qui l’isolerait et diminuerait sa connectivité avec le centre-ville.

«La communauté s’inquiète de la pression foncière que généra l’arrivée du REM et la capacité des résidents et des commerçants indépendants à continuer à vivre et travailler dans un secteur déjà aux prises avec une importante spéculation foncière», a indiqué le Groupe, dans une lettre ouverte obtenue par l’Agence QMI.

Le Groupe demande que son avis soit pris en compte par la CDPQ Infra, et souhaite que l’option tunnel soit privilégiée, mais aussi que celui-ci se prolonge à l’Est pour éviter la fermeture de la rue Jeanne-Mance. Il demande également que la future station prenne en compte les «caractéristiques architecturales et urbaines distinctives» du Quartier chinois dans sa conception.

Dans sa lettre ouverte, le Groupe rappelle également que le Quartier chinois a déjà été fortement réduit par l’élargissement de certaines rues et de la mise en place de l’autoroute Ville-Marie, ainsi que par la construction de plusieurs édifices, dont le Complexe Desjardins et le Palais des congrès.

«Bien qu’ayant survécu, le quartier porte encore les cicatrices et la mémoire de ce déplacement de population, de ces démolitions de lieux de vie, de travail et de culte et de l’enclavement qui en a résulté et qui affecte encore aujourd’hui sa capacité de développement et sa vitalité économique et sociale», a ajouté le Groupe.

Depuis le printemps, l’avenir du Quartier chinois est sujet à des préoccupations. En avril, des citoyens s’inquiétaient alors que plusieurs bâtiments historiques ont été achetés par un promoteur immobilier. En mai, les trois paliers de gouvernement avaient également souligné leur engagement pour le préserver.

Au cours de l’été, l’arrondissement de Ville-Marie a également présenté son plan d’action pour repenser la façon dont se développera le Quartier chinois au cours des cinq prochaines années.

«Le gouvernement du Québec ne souhaitera sûrement pas répéter les erreurs du passé où il a sciemment détruit le cœur du Quartier chinois de Montréal», souhaite le Groupe, qui espère que «l’histoire ne se répétera pas».