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Un remède de cheval pas bon pour la COVID

Une campagne de désinformation sévit sur ce médicament animal

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Photo d'archives, AFP La science n’a pas démontré l’efficacité de ce médicament antiparasitaire pour traiter la COVID.

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Des vétérinaires et pharmaciens québécois mettent en garde contre un médicament antiparasitaire pour animaux, populaire aux États-Unis et dans l’Ouest canadien en raison de croyances non fondées voulant qu’il soigne la COVID-19.

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« Entre ça et prendre un vaccin, je serais pas mal plus en sécurité avec le vaccin [contre la COVID-19] », lance le président de l’Association des pharmaciens propriétaires du Québec, Benoit Morin.

Devant l’intérêt grandissant pour un médicament appelé ivermectine, ayant mené à plusieurs hospitalisations pour intoxication, la Food and Drug Administration aux États-Unis a récemment émis un avis clair : « Vous n’êtes pas un cheval ».

L’ivermectine est fréquemment utilisée en médecine animale, surtout sur les chevaux, pour lutter contre les parasites. Il s’agit aussi d’un nouveau prétendu remède contre la COVID-19, au cœur d’une campagne de désinformation sur les réseaux sociaux, notamment.

Rien de prouvé

Or, la FDA répète que rien n’a prouvé que le produit aide contre la COVID-19. « Les études sont insuffisantes et pas solides », poursuit M. Morin.

Dans l’Ouest canadien, la CBC a rapporté que des magasins de produits pour chevaux ont aussi vu une augmentation inquiétante de la demande.

Le président de l’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec, Jean-Yves Perreault, souligne que le Québec dispose d’une barrière de sécurité supplémentaire pour freiner la ruée vers le remède animal.

Car même pour les animaux, le produit est seulement délivré avec la prescription d’un vétérinaire, qui a vu la bête à soigner. Il n’est pas offert en vente libre.

Par contre, il est facile d’en commander en ligne, comme l’a constaté Le Journal.

« Ça peut être extrêmement dangereux d’utiliser des préparations vétérinaires pour un usage humain [...] Ils sont faits et homologués selon l’espèce à traiter », prévient M. Perreault.

Il ajoute que le dosage prévu pour un bovin ou un cheval est 10 fois plus imposant que pour un humain.

Tant M. Perreault que M. Morin rapportent quelques questions de clients au sujet de l’ivermectine, mais aucune tentative frauduleuse de s’en procurer.

Le médicament est aussi en vente en pharmacie pour l’humain, sous une autre forme appelée Stromectol, pour soigner la gale ou des parasites en une seule dose, mais il est rarement prescrit, poursuit Benoit Morin. « Un médecin ne va pas prescrire ça contre la COVID-19, ça, c’est sûr », dit le pharmacien.

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