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Les libéraux prévoient rester dans le rouge longtemps

Trudeau veut notamment aider les provinces à interdire les armes de poing

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OTTAWA | Dans une plateforme électorale qui prévoit trois fois plus de dépenses que de revenus afin de soutenir la relance économique, le Parti libéral du Canada promet un milliard de dollars pour aider les provinces et territoires à interdire les armes de poing.

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La semaine dernière, la mairesse Valérie Plante a pressé les différents partis fédéraux d’interdire à l’échelle pancanadienne les armes de poing qui circulent dans les rues de Montréal et qui sont impliquées dans la vague de violences armées.

Mais s’ils sont réélus, les libéraux veulent s’attaquer aux armes de poing sans légiférer. Flairant le conflit avec certaines juridictions pro-armes, ils laisseraient aux provinces et aux territoires le soin de réglementer et se limiteraient à les appuyer financièrement grâce à une réserve de fonds d’un milliard de dollars.

  • Écoutez l'entrevue avec Pablo Rodriguez, député libéral sortant d’Honoré Mercier, lieutenant du Québec et leader du gouvernement libéral sur QUB radio :   

Le programme libéral est ainsi similaire à celui du NPD qui souhaite lui aussi laisser les provinces légiférer sur les armes de poing. Les néo-démocrates, comme les bloquistes, proposent néanmoins une définition plus large des armes prohibées.

Le parti conservateur, lui, se place aux antipodes sur cet enjeu, penchant plutôt du côté du lobby pro-armes. Le directeur de campagne d’Erin O’Toole, Fred DeLorey, est d’ailleurs un ex-lobbyiste de l’Association canadienne des armes à feu.

  • Écoutez l'analyse de Philippe-Vincent Foisy et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

78 milliards $

Les troupes de Justin Trudeau ont ainsi été les dernières à dévoiler leur programme, à mi-parcours dans la course électorale. Mais elles sont aussi les seules à avoir pris le soin de chiffrer leurs promesses une à une.

Le parti estime ses promesses à 78 G$ sur cinq ans ce qui gonflerait la dette de 336 G$. 

La plupart des dépenses inscrites dans la plateforme étaient cependant déjà annoncées, en particulier 25 G$ en santé, 30 G$ pour les garderies et 15 G$ pour le logement.

Pour générer 25 milliards de nouveaux revenus, le gouvernement compte sur la croissance économique stimulée par ses investissements dans les infrastructures sociales. Il prévoit aussi taxer les banques et les plus riches, et lutter contre l’évasion fiscale. 

  • Écoutez les analystes politiques Elsie Lefebvre et Marc-André Leclerc à QUB radio:   

Tout ceci ne permettrait cependant de gagner qu’un huard pour chaque somme de 3 $ dépensée au cours des cinq prochaines années.

Pour les prochaines générations

« C’est important d’être fiscalement responsable, de vivre selon nos moyens. Mais c’est aussi important de faire les bons investissements pour que les générations futures puissent prospérer encore plus », a défendu M. Trudeau.

Il a souligné que, bien que les dépenses augmenteront, le ratio dette-PIB (produit intérieur brut) diminuera de 48,5 à 46,5 % en cinq ans, ce qui est mieux que ce que prévoyait le budget au printemps. 

En comparaison, en 1995, le ratio dette-PIB s’élevait à 66,6 % du PIB. 

Quelques engagements en rafale 

  • Éliminer les subventions à l’industrie des combustibles fossiles, et plafonner et réduire les émissions du secteur pétrolier et gazier d’ici 2023 au lieu de 2025.
  • Créer un crédit d’impôt de 1650 $ pour la prolongation de la carrière, « afin que des aînés qui souhaitent rester dans la population active puissent le faire ».
  • Permettre aux nouveaux parents de suspendre le remboursement de leurs prêts étudiants jusqu’à ce que leur plus jeune enfant ait 5 ans.
  • Lancer un programme pilote d’immigration dans les communautés rurales et du Nord et réduire sous la barre des 12 mois les délais de traitement des dossiers de réunification familiale via un processus de demande en ligne.

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