/news/world
Navigation

Les chefs du Pentagone s'engagent à «tirer les leçons» de la guerre en Afghanistan

Coup d'oeil sur cet article

Les plus hauts responsables du Pentagone se sont engagés mercredi à «tirer les leçons» de la guerre en Afghanistan, reconnaissant ressentir «douleur et colère» après avoir remis le pays aux mains des talibans, leurs ennemis de 20 ans. 

• À lire aussi: Les talibans vont devoir se soumettre aux règles

• À lire aussi: Afghanistan: les Américains partis, le temps est venu de gouverner pour les talibans

• À lire aussi: Pour Poutine, la présence américaine en Afghanistan a été «une tragédie»

«Aucune opération n’est jamais parfaite», a reconnu le ministre de la Défense Lloyd Austin, qui s’exprimait publiquement pour la première fois depuis la fin de l’évacuation chaotique de 124 000 civils de Kaboul, dans la nuit de lundi à mardi.

«Nous voulons tirer toutes les leçons possibles de cette expérience», a ajouté M. Austin, un ancien général ayant combattu en Afghanistan, après avoir rendu un hommage solennel et sombre aux 800 000 soldats américains qui se sont succédé depuis 2001 sur le sol afghan, au cours d’une guerre qui a coûté la vie à 2 461 militaires américains, dont 13 dans les dernières heures du retrait.

Le chef d’état-major, le général Mark Milley, qui a lui aussi combattu en Afghanistan, a reconnu que ces derniers jours avaient été «extrêmement difficiles émotionnellement».

«Nous sommes tous tiraillés entre douleur, colère, chagrin et tristesse d’un côté, et fierté et résilience de l’autre», a-t-il ajouté.

«Nous apprendrons de cette expérience», a-t-il dit. «Et ce qui nous a fait en arriver là sera étudié pendant des années», a-t-il ajouté. «Nous, les militaires, aborderons ça avec humilité, transparence et franchise. Il y a beaucoup de leçons tactiques, opérationnelles et stratégiques à tirer».

M. Austin a reconnu que la fin d’une guerre entamée en 2001 pour chasser les talibans du pouvoir pouvait être difficile à accepter pour les soldats ayant perdu des frères d’armes en Afghanistan, ainsi que pour les familles de ceux qui y ont laissé leur vie.

«Je sais que ces derniers jours ont été difficiles pour beaucoup d’entre nous», a-t-il dit. «Il ne faut pas attendre des anciens combattants d’Afghanistan plus que des autres Américains. J’ai entendu des opinions très tranchées ces derniers jours. C’est très important. C’est la démocratie.»

Le général Milley a par ailleurs jugé «possible» une éventuelle coopération avec les talibans pour lutter contre le groupe État islamique au Khorasan (EI-K), qui a revendiqué l’attentat ayant fait plus d’une centaine de morts, dont 13 Américains, le 26 août à l’aéroport de Kaboul. 

La guerre a été lancée fin 2001 après les attentats du 11 — septembre, qui a fait 2 977 morts en une seule journée. Ils avaient été menés par les jihadistes d’Al-Qaeda, basés en Afghanistan et protégés par les talibans.

Mais ce qui devait se limiter à une opération de représailles a évolué en une vaste entreprise de reconstruction du pays pour éviter un retour des talibans au pouvoir, ce qui s’est produit le 15 août.

M. Austin a annoncé qu’il se rendrait la semaine prochaine dans la région du Golfe, où les alliés des États-Unis ont facilité l’évacuation de réfugiés afghans.