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Nouvelle ère chez les Patriots

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Pour la première fois depuis 1993, les Patriots confient les clés de leur attaque à un quart-arrière recrue, Mac Jones. La nouvelle a créé une onde de choc et, pourtant, elle semblait inévitable.

S’il y a une surprise, ce n’est pas la nomination de Jones comme quart-arrière partant, mais plutôt le fait que l’équipe ait libéré Cam Newton. Le vétéran assurait la transition depuis le départ de Tom Brady et il gagnait des peanuts pour le faire, du moins dans le monde du sport où les salaires n’ont rien à voir avec ceux de la vraie vie.

Bref, Newton aurait pu être une police d’assurance intéressante qui grugerait peu d’espace sur la masse salariale de l’équipe. Il aurait aussi pu contribuer à certaines formations spécifiques en situation de courts gains. 

Tout porte à croire que Bill Belichick, entraîneur-chef et maître absolu du personnel chez les Patriots, lui a offert cette option, mais probablement que Newton n’a pas envie de jouer les seconds violons.

La saison dernière, il semblait toujours hypothéqué physiquement, du moins au niveau de son bras droit. Cette année au camp, il semblait mieux maîtriser le livre de jeux complexe des Patriots.

Belle performance

Le fait est que Newton devait être le titulaire et il a perdu le poste. Ou plutôt, Mac Jones l’a gagné, c’est selon. 

Lors des matchs préparatoires, le jeunot choisi en première ronde lors du dernier repêchage a clairement mieux joué que Newton. Les deux coéquipiers et compétiteurs semblaient tout de même au coude-à-coude aux yeux de Belichick quand Newton a été sur la touche en raison d’un obscur « malentendu » quant au protocole de la COVID-19.

Le vétéran a dû s’absenter cinq jours parce qu’il n’a pas subi ses tests à l’intérieur des installations de l’équipe et qu’il n’était pas vacciné. C’est en son absence que Jones a pris les clés de la voiture en étant brillant, particulièrement lors d’un entraînement face aux Giants. 

Le choix personnel de Newton concernant le vaccin n’est pas le facteur principal qui lui a coûté son poste. Jones a eu le dessus dans la compétition, mais inutile de s’enfouir la tête dans le sable. 

Dans une saison où la NFL a clairement fait comprendre que les joueurs non vaccinés (et leur équipe) auraient la vie dure, les Patriots ont bien réalisé qu’avec Newton aux commandes, ils risquaient de se retrouver à tout moment en situation de désavantage compétitif.

La porte est ouverte

Maintenant, en Mac Jones, les Patriots tenteront de miser sur sa précision, qui a fait sa réputation en Alabama. Il a été chirurgical sur la scène universitaire et il a montré les mêmes tendances lors des récents matchs préparatoires.

Il faut maintenant répéter de telles performances face aux véritables partants des autres équipes, contre le vrai visage de leur défensive. La commande n’est pas mince, mais les Patriots ont un jeu au sol formé d’un solide comité pour l’épauler.

Bill Belichick connaît la chanson, lui qui a autrefois lancé dans la mêlée un certain Tom Brady, qui n’était alors qu’un gringalet sans expérience. Il sait pertinemment qu’il doit y aller progressivement. Il a pris la décision qui s’imposait.