/investigations/municipal
Navigation

Qui doit payer pour la police? Les villes ne s’entendent pas

Les banlieues jugent Montréal de mauvaise foi à la date butoir fixée par la ministre

Les 15 villes liées sur l’île de Montréal estiment que leurs citoyens paient trop cher pour ces quatre grands services.
Photos d'archives Les 15 villes liées sur l’île de Montréal estiment que leurs citoyens paient trop cher pour ces quatre grands services.

Coup d'oeil sur cet article

Montréal et ses 15 villes liées ont été incapables de s’entendre sur le partage du financement de la police, du transport en commun et de l’eau potable sur l’île, à la date butoir donnée par le gouvernement Legault.

• À lire aussi: Un gang de rue passé sous la loupe

Les parties avaient jusqu’à hier pour faire un rapport à la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest, mais les négociations sur le partage d’une facture annuelle de 2,5 milliards $ ont abouti dans un cul-de-sac, selon nos informations.

Andrée Laforest.
Ministre
Photo Agence QMI, Joêl Lemay
Andrée Laforest. Ministre

La discorde touche des éléments névralgiques, comme le financement du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), au moment où sévit une crise des armes à feu.

D’un côté, l’association des maires de banlieue (AMB), qui regroupe les représentants de 15 villes qui se trouvent surtout dans l’ouest de l’île. Plus de 250 000 personnes y résident.

De l’autre, la ville de Montréal et ses 1,8 million d’habitants, dirigée par la mairesse Valérie Plante.

La tension est vive ; depuis décembre dernier, le maire de Beaconsfield, Georges Bourelle, réclame même 4 millions $ à Montréal via les tribunaux, car il estime que ses concitoyens paient trop cher et que cela se reflète sur leur compte de taxes municipales.

Aucun progrès

Les dernières discussions sont loin de s’être déroulées de façon harmonieuse, selon une lettre expédiée le 11 août à la ministre par Beny Masella, maire de Mont-réal-Ouest et président de l’AMB.

« Malgré la tenue de cinq rencontres de travail [...] celles-ci n’ont pas permis de progresser ni d’ouvrir un véritable dialogue », écrit-il dans la missive dont nous avons obtenu copie.

« À l’instar des 30 derniers mois, les autorités montréalaises n’ont pas fait preuve d’une volonté sincère sur les propositions que nous avons amenées », ajoute-t-il, en demandant une rencontre avec la ministre et la nomination d’un médiateur. 

« Je réfute totalement [la prétention] que nous sommes de mauvaise foi », a répliqué hier le président du Comité exécutif de la Ville de Montréal, Benoit Dorais, joint au téléphone.

Il dit vouloir « préserver l’intérêt des Montréalais ». Pas question selon lui de revoir le partage du financement pour la sécurité publique et le transport en commun. Par contre, en ce qui concerne l’eau et les matières résiduelles, « on est ouvert à un nouveau partage, mais on va le faire correctement ».

Hier, au cabinet de la ministre, l’attachée de presse Bénédicte Trottier Lavoie a indiqué qu’il « appartient aux municipalités [...] de proposer des alternatives.

« Nous demeurerons en contact avec les parties prenantes afin de déterminer la meilleure marche à suivre », a-t-elle ajouté.

À VOIR AUSSI...