/news/elections
Navigation

La sélection «rigoureuse» des candidats du parti de Maxime Bernier mise à rude épreuve

La sélection «rigoureuse» des candidats du parti de Maxime Bernier mise à rude épreuve
Photo Jérémy Bernier

Coup d'oeil sur cet article

Le Parti populaire du Canada de Maxime Bernier avait jusqu’à tout récemment un candidat au Québec qui colporte depuis le début de la pandémie des théories conspirationnistes pour le moins étonnantes.

• À lire aussi - Élections fédérales: des luttes à trois se dessinent au Québec

Akim Blanchet, qui a affiché brièvement les couleurs du PPC dans Drummond, en Estrie, anime une émission de radio web. Mardi soir, il a commencé son émission sur ZctRadio.com en diffusant un élément préenregistré parlant d’un complot mondial dirigé par la fondation Bill & Melinda Gates. Selon ce qu'on a pu entendre ce soir-là, le premier ministre Legault et le Dr Horacio Arruda seraient à genoux devant l'Organisation mondiale de la santé, et devant Bill Gates qui veut apparemment contrôler le monde.

Le complot viserait, selon l'élément de propagande présenté, à réduire la population mondiale. «L'agenda du développement durable des Nations Unies est bien clair. L'Agenda 21 progresse depuis le sommet de Rio de Janeiro sur l'environnement. L'intention du sommet est très claire. L'implantation du totalitarisme et la réduction de la population seront notre punition pour ne pas avoir implanté le développement durable», a-t-il été dit, sur fond de musique techno tragique. Akim Blanchet a par la suite pris la parole pendant plus d'une heure pour ajouter des détails sur sa vision de ce qu'il nomme une «plandémie».

Akim Blanchet véhicule le même message depuis de nombreux mois et le site anti-complotiste Ménage du Dimanche l’a à l’œil. Ce sont eux d'ailleurs qui ont été les premiers à sonner l'alarme sur sa candidature au PPC il y a quelques jours.

Selon Maxime Bernier, le processus de sélection de son parti est «rigoureux». «J'ai mon équipe de sélection des candidats. J'ai fait des entrevues avec nos candidats, on a fouillé leur passé, on vérifie s'ils ont des dossiers criminels. On faisait des vérifications sur les réseaux sociaux, on a fait des enquêtes de crédit. L'équipe de sélection a fait des entrevues», a lancé Maxime Bernier, mercredi matin, en entrevue téléphonique, alors qu'il était en Alberta.

Après l’entrevue au cours de laquelle nous avons posé des questions sur le candidat complotiste, M. Bernier nous a rappelés pour nous dire qu’il avait parlé à son organisateur Martin Masse et pour nous informer qu’Akim Blanchet avait décidé de se retirer en tant que candidat du PPC dans Drummond lundi.

Mardi, en soirée, alors que nous ne savions pas encore qu’il avait retiré sa candidature étant donné que son nom figurait toujours sur le site du PPC, nous avons essayé de lui parler pour nous enquérir de ce qui l’avait motivé à se lancer en politique pour le PPC. Après nous avoir dit qu’il ne savait pas de quoi nous parlions, il nous a signifié clairement son refus de commenter. «Pas avec des médias corrompus subventionnés par nos taxes par le gouvernement qui méprise le peuple depuis 19 mois», nous a-t-il dit, avant de nous bloquer sur son compte Twitter.

Nous avons aussi contacté Martin Masse, le principal conseiller de Maxime Bernier pour savoir comment cet homme avait pu passer avec succès le processus de sélection qualifié de «rigoureux» par le chef. La réponse a aussi été directe: «Vous me recontacterez quand vous voudrez couvrir de façon professionnelle ce que le PPC propose aux électeurs». «Pas de temps à perdre à vous aider à écrire un autre article de salissage dans votre torchon de journal», a conclu M. Masse.

À VOIR AUSSI...