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Décès d’un magnat de l’immobilier sous surveillance

Giuseppe Borsellino est derrière certains des gratte-ciel les plus connus de Montréal

Bal viennois de Laval
Photo d’archives Giuseppe Borsellino, qu’on voit ici avec sa femme, Elina, en 2006, a fondé le Groupe Petra, propriétaire de certains gratte-ciel les plus connus à Montréal.

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Un des plus riches hommes d’affaires du Québec, Giuseppe Borsellino, est décédé après des décennies à bâtir un empire immobilier, mais aussi à attirer l’attention de la police.

• À lire aussi: Décès de Giuseppe Borsellino: en Cour pour protéger l’empire

Borsellino s’est éteint dans la nuit de mercredi à hier, à l’âge de 80 ans, des suites d’une crise cardiaque.

Il était président du conseil du Groupe Petra, qui possède avec ses partenaires financiers pas moins de 185 adresses dans la région de Montréal, dont certaines des plus emblématiques, comme le 1000 De La Gauchetière et la tour CIBC.

Né à Cattolica Eraclea, en Sicile, en 1941, il avait immigré au Canada en 1954, à l’âge de 13 ans, avant de fonder l’entreprise Roma Construction en 1972, puis Petra en 1986. 

Il était marié à Elina Saputo, sœur de l’homme d’affaires montréalais Lino Saputo.

Le 1000 De La Gauchetière.
Photo PIerre-Paul Poulin
Le 1000 De La Gauchetière.

Il était aussi connu pour son implication dans de nombreuses organisations caritatives ou à but non lucratif, par exemple comme membre fondateur de la Fondation communautaire canado-italienne du Québec.

Hier, le président et chef de l’exploitation de Petra, Patrice Bourbonnais, nous a répondu par courriel que l’entreprise n’avait aucun commentaire à ce moment-ci.

Enquêtes policières

Depuis une dizaine d’années, c’est davantage pour des controverses que M. Borsellino a fait parler de lui, notamment en 2013 à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC), mieux connue comme la commission Charbonneau. 

L’ex-directeur immobilier de la Ville de Montréal, Joseph Farinacci, avait alors déclaré que Borsellino avait bénéficié d’un traitement de faveur de l’ex-président du Comité exécutif, Frank Zampino, dans l’achat de terrains à Rivière-des-Praires. Devant la CEIC, Zampino avait nié.

Selon nos informations, les enquêteurs de la commission Charbonneau ont rencontré Borsellino dès mai 2012. Ils se sont intéressés à ses entreprises et à ses relations, mais il n’a jamais été appelé à témoigner.

La tour CIBC.
Photo PIerre-Paul Poulin
La tour CIBC.

L’unité permanente anticorruption (UPAC) s’est ensuite intéressée à Borsellino et au dossier des terrains dans le cadre de l’enquête Contour, qui a finalement avorté en 2018.

En janvier 2020, Borsellino était l’une des vedettes d’un reportage de Radio-Canada qui le décrivait comme un « intermédiaire » avec le caïd mafieux américain Joe Bonanno.

Le reportage citait notamment des informations provenant de policiers américains et de la GRC qui enquêtaient sur la mafia à partir des années 1970.

Il montrait également Borsellino invité aux noces d’or du parrain de la mafia montréalaise, Nicolo Rizzuto, en 1995.

Par la suite, M. Borsellino n’a jamais voulu donner sa version des faits, mais a prétendu par le truchement de son avocat n’avoir rien à se reprocher. Giuseppe Borsellino n’a jamais fait l’objet d’accusations en justice.