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Crime organisé: le caïd Raynald Desjardins restera incarcéré

L’influent mafieux s’est fait révoquer sa libération conditionnelle

Raynald Desjardins
Photo d'archives, Agence QMI Raynald Desjardins, qu’on voit ici alors qu’il était escorté au palais de justice de Joliette en décembre 2011.

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Le caïd Raynald Desjardins, considéré comme l’un des criminels les plus influents au Québec, est trop dangereux pour reprendre sa liberté.

C’est pourquoi la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) a ordonné son maintien en incarcération pour une durée prolongée, dans une décision rendue publique vendredi.

« Le risque que vous présentez en communauté est devenu inacceptable », a fait savoir la CLCC à celui qu’elle décrit comme « un membre important de la mafia italienne » et l’ex-bras droit du défunt parrain Vito Rizzuto, en lui révoquant tout privilège de sortie.

Desjardins pourrait donc devoir rester au pénitencier jusqu’en 2023, en attendant l’expiration de sa peine pour avoir comploté le meurtre de l’aspirant parrain Salvatore Montagna, tué par balles en 2011 à Charlemagne, sur la Rive-Nord de Montréal.

Le Lavallois de 67 ans, qui serait toujours à couteaux tirés avec le clan Rizzuto, a brièvement été libéré d’office en avril dernier, après avoir purgé les deux tiers de sa peine.

Mais les policiers l’ont ramené en taule le 20 mai à la suite d’une filature durant laquelle ils ont constaté que Desjardins était suivi dans tous ses déplacements par un garde du corps associé aux Hells Angels. 

« Manque d’honnêteté »

Cet homme, Jean-Charles Denommé, était aussi en possession de numéros de plaque de véhicules, dont celui de Stefano Sollecito, un leader du clan Rizzuto que la police identifie parmi les rivaux de Desjardins, rapportait notre Bureau d’enquête le 1er juin dernier.

Desjardins, qui prétend avoir pris sa « retraite » du crime organisé, devait s’abstenir de tout contact avec des personnes criminalisées, incluant Denommé, qu’il avait connu au pénitencier alors qu’ils étaient incarcérés.

La CLCC reproche au vétéran mafieux son « manque d’honnêteté » et d’avoir « menti » sur ses liens avec Denommé, qui a aussi effectué des travaux de rénovation à la résidence du caïd en plus de veiller à sa sécurité.

Mauvaises fréquentations

« La Commission se questionne sérieusement sur votre réelle volonté à changer votre mode de vie [...]. Vous avez été incapable de vous tenir loin des mauvaises fréquentations », a-t-elle écrit dans sa décision en évoquant « la gravité d’une éventuelle récidive ».

Selon nos informations, les autorités appréhendaient la libération de Raynald Desjardins, craignant que ce dernier tente de « faire un maître » une fois pour toutes avec le clan Rizzuto, dont plusieurs leaders, comme Stefano Sollecito et Leonardo Rizzuto, furent avisés par la police que leur vie était en danger au printemps dernier.

– Avec Félix Séguin