/qubradio
Navigation

Décès de Zapata: une tragédie qui ravive de mauvais souvenirs

Décès de Zapata: une tragédie qui ravive de mauvais souvenirs
Photo Martin Chevalier

Coup d'oeil sur cet article

Le décès de la boxeuse Jeanette Zacarias Zapata, quelques jours après avoir subi un knock-out dans son combat contre la Québécoise Marie-Pier Houle, a ravivé des souvenirs d’une certaine soirée de juin 1980, quand Gaétan Hart a envoyé Cleveland Denny au tapis. Ce dernier ne s’est jamais relevé.

• À lire aussi - Décès de Jeanette Zacarias Zapata: le Bureau du coroner enquêtera

• À lire aussi - Décès de Jeanette Zacarias Zapata: «Je suis terrifié pour notre sport»

«Gaétan n’est pas en état de parler aujourd’hui. Ça lui remémore des mauvais souvenirs», a expliqué Serge Amyot, ex-journaliste et auteur – avec Mélanie Hart – du livre Gaétan Hart, mon père, en entrevue à QUB radio, vendredi.

Les deux hommes faisaient les frais d’un des combats de la soirée, en sous-carte de l’événement principal, opposant Sugar Ray Leonard à Roberto Duran, au Stade olympique. Hart et Denny en étaient à un troisième affrontement l'un contre l’autre.

Dans la soirée en question, le 20 juin, Hart avait tenté de profiter des dernières secondes du 12e round pour lancer une dernière attaque sur le pugiliste guyanais. Sur la séquence, l’arbitre Rosario Baillargeon a semblé hésiter à s’interposer et à mettre un terme au combat, ce qui a permis à Hart de diriger quelques coups supplémentaires avant que l’officiel décide finalement d’interrompre le tout. Denny s’est écroulé avant de partir sur une civière.

Au terme du duel, Denny a été plongé dans un coma artificiel. Un peu plus de deux semaines après, ce dernier perdait la vie. Avant l'accident tragique de Zapata, le décès de Denny, alors âgé de 24 ans, était le plus récent enregistré au Québec en raison d’un combat de boxe.

«Rosario Baillargeon n’a plus jamais arbitré par la suite. Il n’a plus été capable d’aller dans une arène de boxe parce qu’il se sentait coupable, a ajouté Amyot. Pourtant, il ne l’était pas, comme Gaétan Hart, il s’est toujours senti coupable et il ne l’était pas.»

«Il [Hart] a eu un combat par la suite et l’autre après c’était un combat de championnat mondial, contre Aaron Pryor, à Cincinnati. À Cincinnati, on l’annonçait, les publicités [disaient] "Killer Hart". Ce n’est pas facile de se faire traiter de Killer Hart. Même ici il y avait des titres de journaux qui disaient "le tueur de Buckingham". Ce n’est pas facile ça. Aujourd’hui, il revit ça, et il ne veut pas le revivre. C’était en 1980, ça fait 41 ans.»

«La boxe, le problème, c’est qu’il y a beaucoup de fédérations, mais même au Canada, les règlements ne sont pas pareils au Québec et en Ontario, et en Ontario et en Colombie-Britannique. Ce n’est pas pareil, parce qu’ici on a la Régie, il n’y en a pas de régie comme ça en Ontario.»

Ce combat a toutefois permis de changer le monde de la boxe au Québec, où les règles étaient pratiquement non existantes. La sécurité des boxeurs, entre autres, a été grandement améliorée à la suite de cette soirée.

Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions