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Des nouvelles de Cuba... en Haïti

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Il y a de ces nouvelles dont aucun média ne parle et qui pourtant sont un véritable baume pour nos cœurs et nos esprits meurtris par tant de haines et de violences humaines.

Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques, a de nouveau été frappée, il y a quelques semaines, par un tremblement de terre dévastateur qui a fait des milliers de victimes, entre morts, disparus et blessés, et des dégâts considérables aux infrastructures du pays qui ne s’était pas encore remis du tremblement de terre de 2010.

En Haïti, la présence des médecins cubains est légendaire. Lorsqu’on veut consulter un médecin, on dit tout simplement qu’on va chez le Cubain. Ces brigades médicales cubaines, formées à l’aide humanitaire dans le plus pur esprit internationaliste, sont présentes dans différentes villes du pays, et cela depuis des années. Elles soignent les populations gratuitement, bien évidemment. En cela, elles sont admirables.

Dès le début du tremblement de terre du 14 août dernier, les différentes brigades médicales cubaines se sont mises en mode urgence. Comme de nombreux hôpitaux étaient endommagés et que de nouvelles secousses sismiques risquaient de faire s’écrouler ce qui restait debout, on a installé ici et là des hôpitaux de campagne à l’air libre.

Aussitôt, raconte le docteur cubain Reynier Alvarez Montoya, des dizaines de personnes, dont de nombreux enfants et des femmes enceintes, sont arrivées pour faire soigner leurs blessures. Certains avaient des membres littéralement écrasés, d’autres souffraient de fractures diverses, de traumatismes crâniens et de brûlures. On a même dû réaliser des chirurgies dans des conditions rudimentaires mais tout de même sécuritaires aussi bien pour les patients que pour les médecins.

Les médecins cubains ont ainsi soigné des centaines de blessés, dans des conditions difficiles, aggravées par les pluies torrentielles qui se sont abattues sur l’île. Pannes d’électricité, difficile accès à l’eau potable, réseau de communication déficient, pénuries diverses, etc., tel était le lot des médecins cubains et de la population en général. Modestement, sans faire bruit, sans brandir des millions en aide humanitaire qui n’arrivent jamais à destination, de toue façon, Cuba contribue à sauver des vies et à conjurer le mauvais sort, en partageant ce qu’il y a dans l’assiette et non le superflu, s’il y a lieu. En cela, Cuba mérite tout notre respect et notre admiration.

Le président mexicain

Ce n’est pas pour rien que le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador, mieux connu comme AMLO, dans un discours remarquable prononcé il y a quelques semaines devant la CELAC (Communauté des États de l’Amérique latine et des Caraïbes) et dont à peu près aucun grands médias n’a parlé, a suggéré qu’on décerne la médaille de la dignité au peuple cubain, pour sa résistance depuis plus d’un demi-siècle à l’empire étatsunien, et qu’on déclare l’île cubaine territoire de l’humanité. La geste humanitaire des médecins cubains, en Haïti mais aussi ailleurs dans le monde, en témoigne.

López Obrador est la nouvelle voix montante de l’Amérique latine. Il n’a pas le charisme de Fidel Castro ni la fougue de Hugo Chávez, mais plutôt le côté bon père de famille d’un Jacques Parizeau, calme, rassembleur et qui inspire confiance. Paraphrasant le chanteur du groupe portoricain Calle 13, il n’hésite pas à « toujours dire ce qu’il pense », que cela plaise ou pas à son puissant voisin du nord. Tout le contraire du mou et insipide Joe Biden, incapable de respecter ses promesses en ce qui concerne Cuba.