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Des tests médicaux plus poussés?

Un médecin du sport se prononce sur la question

BOXE sous les étoiles
Photo Martin Chevalier Jeanette Zacarias Zapata ne s’est jamais relevée. Elle a quitté le ring sur une civière samedi et elle est décédée cinq jours plus tard.

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La boxe professionnelle est au banc des accusés depuis une semaine. Est-ce qu’il existe des solutions pour rendre ce sport plus sécuritaire ? On a posé la question à quelques intervenants qui sont dans le milieu depuis plusieurs années. 

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Tout d’abord, sur la scène internationale, on assiste à un choc des cultures. Les commissions athlétiques des quatre coins du monde n’ont pas toutes la même réglementation. Parfois, leur application est très aléatoire. 

« On ne sait pas toujours quel type de suivi médical ils ont eu au cours de leur carrière, a indiqué le Dr Francis Fontaine au sujet des boxeurs étrangers. Dans certains pays, comme le Mexique, ils ont souvent commencé la boxe très jeune alors que leurs cerveaux étaient encore en formation.  

« Lorsque je regarde nos critères avec ce qui se fait ailleurs dans le monde, nous n’avons rien à envier aux autres. »

Des tests plus poussés

Le Dr Fontaine croit cependant qu’une mise à jour du livre des règlements de la Régie est nécessaire. Il estime que les tests médicaux devraient être plus poussés. 

« Il n’y a pas seulement le problème neurologique qu’il faut détecter. L’athlète peut aussi avoir des problèmes avec ses yeux ou des problèmes cardiaques. Toutes les prédispositions qui peuvent être dangereuses pour un athlète. »

Les « scans » cérébraux ne sont pas suffisants pour avoir une bonne évaluation d’un boxeur. « Un scan peut t’informer d’une malformation, mais pas comment ton cerveau fonctionne. [Jeanette Zacarias] Zapata a eu ses scans et elle a pu se rendre ici, a-t-il poursuivi. Probablement, elle avait des déficits ou quelque chose d’autre. »

Il souhaiterait que les boxeurs passent un test de type SCAT (Sport Concussion Assessment Tool) sur une base régulière. Ce type d’examen neuropsychologique permet de jauger les capacités cognitives d’un athlète. 

« Ce test permet d’évaluer la mémoire et l’équilibre notamment, précise le Dr Fontaine. Avec ce type de donnée, la Régie pourrait suivre l’évolution des boxeurs d’une année à l’autre. Par contre, on sait que c’est un outil imparfait. Il faudrait le combiner avec d’autres tests neuropsychologiques complémentaires. »

Allonger les suspensions ?

Depuis deux ans, le promoteur Camille Estephan prône une suspension de six mois pour tout athlète qui subit un knock-out. Une proposition qui a provoqué plusieurs réactions dans le milieu de la boxe. Cependant, c’est une solution qui est difficilement envisageable. 

« J’ai vu cette proposition dans les derniers jours. Selon l’Association of Ringside Physicians, la suspension maximale doit être de trois mois. 

« Par contre, un boxeur peut avoir besoin de plus de temps pour bien se remettre de sa commotion cérébrale. Au cours des dernières années, j’ai vu des exemples où les boxeurs n’étaient pas prêts à revenir après six mois. »

Dans le cas de Zacarias Zapata, c’est l’enquête du coroner qui fournira les réponses au sujet de l’état de son cerveau. On pourrait apprendre des détails troublants sur le nombre de commotions dont elle a été victime au fil des ans.

Ce qu’ils ont dit...  

«C’est avec tristesse que j’apprends le décès de la boxeuse de 18 ans Jeanette Zacarias Zapata. Elle a l’âge de ma fille Angel, j’adresse mes sincères condoléances à la famille Zapata. @mphboxing (Marie-Pier Houle), Je vous envoie toutes mes prières et mon amour pour rester forte. »

– Jean Pascal, boxeur

« Je suis extrêmement attristé par le décès de cette jeune femme, personne ne devrait mourir aussi jeune. Malheureusement, ce sport qui apporte joie et bonheur peut être très cruel comme ce fut avec Jeanette. Je veux absolument souhaiter mes sincères condoléances à toute sa famille. »

– Stéphane Harnois, entraîneur de Marie-Ève Dicaire

«Si j’avais su ce que je sais maintenant, je ne t’aurais pas laissé combattre. Même si on a suivi toutes les règles et les protocoles, nous n’avons pas pu te sauver. Oui, je sais que c’est un accident, mais je suis désolé d’avoir échoué dans ma tentative de te protéger. Et je me sentirai coupable jusqu’à la fin de mes jours. Reste en paix mon ange. »

– Vincent Morin, matchmaker de GYM

«Mes sincères condoléances à la famille de Jeanette Z. Zapata pour cette triste nouvelle. Aujourd’hui, la famille de GYM et tous les fans de la boxe sont en deuil. RIP guerrier. »

– Oscar Rivas, boxeur

« Je suis secoué. Ça me dérange. C’est triste et désolant de voir une fille perdre sa vie dans un ring. C’est aussi désolant pour la boxe professionnelle au Québec. J’aimerais que les suspensions soient maintenant de six mois pour les athlètes qui subissent une commotion cérébrale dans un combat. C’est un aspect qu’on peut contrôler et il faut le faire parce que ça peut sauver des vies. »

– Camille Estephan, promoteur

«C’est désolant. C’est un drame. Je pense que ça secoue tout le monde dans l’industrie de la boxe. C’est quelque chose, lorsque tu pratiques ce métier-là, qui est une possibilité qui peut survenir. On se croise les doigts afin de pouvoir avoir une carrière complète sans vivre ce type d’événement. Ça reste des cas uniques, mais ça demeure un drame. »

– Marc Ramsay, entraîneur

«J’aimerais souhaiter mes plus sincères condoléances à tous les proches de Jeanette Zacarias Zapata. La boxe est un très beau sport qui permet à plusieurs de se réaliser, mais il comporte aussi des risques. En espérant que cet événement tragique fera en sorte d’aider à minimiser les risques. »

– Jean-François Bergeron, ancien boxeur

« Mes pensées les plus sincères vont à la famille et aux proches de Jeanette. Repose en paix guerrière. Quelle tristesse. Bien que ce sport ait sauvé plus de vies qu’il n’en ait pris, c’est toujours aussi déchirant de voir un ange naître de la sorte. Mes pensées accompagnent aussi Marie-Pier Houle et ses proches. Je suis avec vous de tout cœur. »

– Samuel Décarie, entraîneur