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Le calme olympien d’Erin O’Toole

Le calme olympien d’Erin O’Toole
Photo Martin Chevalier

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Rarement un chef politique aussi peu connu a fait face à un tel test.

Survivre à son premier débat des chefs, dans une langue qu’il ne maîtrise pas tout à fait, conscient que les répercussions de sa performance dépasseront largement les frontières du Québec.

Nouvel homme à abattre, Erin O’Toole a misé sur son sourire et son calme pour tirer son épingle du jeu.

Les dinosaures

La tâche n’allait jamais être simple. Erin O’Toole a beau faire campagne au centre, il ne peut réécrire l’histoire du Parti conservateur. Il fallait au moins offrir des réponses claires aux zones d’ombre.

Sur les vaccins, Erin O’Toole a eu bien du mal à défendre ses candidats non vaccinés. Mais le chassé-croisé des reproches contre Justin Trudeau sur le déclenchement de cette élection inutile l’a en quelque sorte sauvé.

Sur l’aide médicale à mourir pour les personnes atteintes de maladies mentales, il a réussi à présenter la résistance de ses députés comme une inquiétude légitime face à un enjeu difficile. Sur la défense du français et le camouflage scandaleux sur les allégations d’inconduite sexuelle dans les Forces armées, Erin O’Toole a offert l’image d’un Parti conservateur moderne et engagé.

Main tendue au Québec

Erin O’Toole avait une opportunité en or.

Il est le chef conservateur le plus ouvert au nationalisme québécois à se présenter devant les électeurs depuis des décennies. Erin O’Toole a fait le pari de s’adresser directement aux électeurs francophones nationalistes, depuis trop longtemps orphelins au fédéral.

« Les provinces ont besoin d’un partenaire, pas d’un papa » a-t-il lancé à Justin Trudeau.

Or, Erin O’Toole a dû concéder que cette ouverture a un prix. C’est les 6 milliards $ d’Ottawa pour les garderies. Dans les câbles, il a peiné à convaincre que les Québécois sortiraient gagnants d’une subvention directe plutôt que les 37 000 places qui pèsent dans la balance. Ce fut le moment le plus faible de son débat.

Le chef conservateur n’a pas livré la prestation la plus mémorable de sa carrière. On a cessé de compter le nombre de fois où il a mentionné son « plan » sans le détailler.

Mais objectivement, il n’avait pas à gagner le face-à-face. Il devait connecter avec son électorat potentiel.

Maintenant qu’il a surmonté l’épreuve, la glace est brisée pour le plus gros test de sa campagne, le débat en anglais de la semaine prochaine. C’est là que se trouvera la clé de sa conquête inespérée du pouvoir à Ottawa.