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Erin O’Toole: séduire en français, pour gagner des points en anglais

La réaction de l’électorat québécois au face-à-face des chefs est attendue

Élections fédérales 2021
Photo Martin Chevalier Le chef du Parti conservateur Erin O’Toole était du premier débat des chefs en français, jeudi soir, à l’antenne de TVA.

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La capacité du chef conservateur à séduire l’électorat québécois pourrait jouer un rôle important dans les intentions de vote au Canada anglais, où on observe avec intérêt l’impact sur les intentions de vote du premier débat francophone présenté jeudi.

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« C’est important pour le reste du Canada, en particulier en Ontario, qu’un chef fédéral se montre vendable au Québec. Ça démontre qu’il peut être un véritable leader national », indique Scott Reid, l’ancien directeur des communications du premier ministre libéral Paul Martin.

Le stratège souligne que ceci « a beaucoup aidé Stephen Harper », lui donnant « une couche supplémentaire de crédibilité ». En revanche, la piètre performance de son successeur, Andrew Scheer, au débat francophone de 2019 a plombé les chances des conservateurs partout au pays.

Selon M. Reid, si M. O’Toole n’a pas particulièrement bien fait à l’antenne de TVA, il n’a pas échoué. À ce titre, le chroniqueur du Globe and Mail Campbell Clark écrivait vendredi : « S’en sortir en un seul morceau était le principal. Et M.O’Toole l’a fait ».

Le reste du Canada attend donc de voir comment l’électorat québécois réagira : « si M. O’Toole montre qu’il a un momentum au Québec, cela pourrait résonner ailleurs au pays », dit M. Reid.

Premier au Canada d’après les sondages, juste devant les libéraux, le Parti conservateur était cependant troisième au Québec avant le débat de jeudi soir.

Il était néanmoins le seul à progresser d’après un sondage Léger-Le Journal-TVA (+5 % PCC, -1 % Bloc et -8 % PLC).

Armes à feu

Justin Trudeau a cependant touché une corde sensible en attaquant son adversaire sur l’enjeu du contrôle des armes à feu, note M. Reid.

La question était sur toutes les lèvres vendredi à l’antenne des radios anglophones du pays, en particulier à Toronto où sévit une vague de violence armée.

« M. O’Toole propose de ramener les armes d’assaut dans ce pays, il va ramener le fusil de Polytechnique [...] c’est écrit à la page 90 de [sa] plateforme », a lancé M.Trudeau à TVA.

« On va maintenir une interdiction des armes d’assaut », a répliqué M.O’Toole, alors que sa plateforme électorale propose bel et bien en page 96 d’« abolir le projet de loi C-71 et le décret de mai 2020 ». Le projet de loi C-71, adopté en 2019, resserre les restrictions pour obtenir un permis d’armes à feu. Le décret de mai 2020, lui, interdit la possession de neuf types « d’armes à feu de style armes d’assaut », dont le Ruger Mini-14 utilisé dans la tuerie de Polytechnique.  

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